En cette année, il y eut une grave disette en Syrie : le sac de blé (1) se vendait quatre cents, l’orge deux cent cinquante, et la livre de viande à six ou sept (2).
À la mi-cha‘bân, une grande frayeur des Tatars survint, si bien que nombre de gens se préparèrent à partir pour l’Égypte (3). Les denrées furent vendues, y compris les provisions de la citadelle et celles des émirs, et les autorités (4) ordonnèrent à toute personne en ayant les moyens de voyager de Damas en territoire (5) égyptien. Une formidable secousse eut lieu en Syrie (6) et dans les contrées byzantines, et l’on rapporte qu’une grande crainte saisit également les terres des Tatars. Gloire donc à Celui qui agit selon Sa volonté et dont la décision appartient à Lui seul.
C’est le gouverneur de Damas, l’émir (7) ‘Alâ’ ad-Dîn Taybars (8) al-Wazîrî, qui ordonna aux habitants de se transférer en Égypte ; or le sultan, au mois de Dhu al-Qa‘da, l’arrêta, le destitua et le fit remplacer par Bahâ’ ad-Dîn ‘Abd Allâh an-Najîbî. Il nomma également ‘Izz ad-Dîn Ibn Wadâ‘a (9) comme vizir à Damas.
En cette même année (10), le juge Shams ad-Dîn Ibn Khallikân (11) renonça à la chaire d’enseignement de la Rukniyya en faveur d’Abû (12) Shâma. Il assista à son premier cours, qui portait sur le début du « Mukhtasar al-Muzanî ».
Parmi les personnalités marquantes décédées cette année (13), il y eut le calife al-Mustanṣir (14) fils d’al-Ẓâhir Bi-Amr Allâh al-‘Abbâsî (15), celui-là même que al-Ẓâhir avait proclamé calife en Égypte (au mois de Rajab de l’année précédente), ainsi que nous l’avons mentionné. Il fut tué le troisième jour de Muḥarram de cette année. C’était un homme au caractère noble, courageux, vaillant et intrépide.