Il leur attribua de généreuses concessions et agît de même envers les fils du seigneur de Mossoul, leur fixant des rémunérations suffisantes.
Cette année-là, Houlagou envoya un contingent d’environ dix mille hommes qui assiégèrent Mossoul et y installèrent vingt-quatre catapultes, si bien que les vivres y devinrent rares.
La même année, le roi As-Sâlih Ismâʿîl ibn Luʾluʾ sollicita l’aide de Barli. Celui-ci arriva et parvint d’abord à mettre les Tatars en déroute, mais ceux-ci reprirent courage et l’affrontèrent à nouveau. Or, il ne disposait que de neuf cents combattants. Ils le vainquirent et le blessèrent. Il se replia alors sur al-Bîrah, et la plupart de ses compagnons l’abandonnèrent pour gagner les terres d’Égypte. Puis il rejoignit le roi az-Zâhir, qui l’honora, le traita avec bienveillance et lui concéda soixante-dix cavaliers. Quant aux Tatars, ils retournèrent à Mossoul et continuèrent leurs opérations jusqu’à obtenir la reddition du roi As-Sâlih, qu’ils contraignirent à sortir vers eux. Ils proclamèrent l’amnistie dans la ville afin d’apaiser la population, puis se retournèrent contre elle, tuant ses habitants pendant neuf jours. Ils mirent à mort le roi As-Sâlih Ismâʿîl et son fils ʿAlâʾ ad-Dîn, détruisirent les remparts de la ville et la laissèrent en ruines, avant de repartir. Qu’ils soient tous voués à l’opprobre !
La même année, un différend éclata entre Houlagou et le sultan Berké Khan, son cousin. Berké lui réclama sa part des territoires conquis, selon la coutume de leurs rois, mais Houlagou fit exécuter ses envoyés. La colère de Berké fut vive et il correspondit avec az-Zâhir afin de s’allier contre Houlagou.