Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il (1) ne fréquente pas les marchés et n’est pas indécent dans ses propos ni démesuré dans son langage. Je le guide dans toute belle entreprise et lui octroie toute noble qualité. Je fais de la piété sa conscience, de la raison son jugement, de la loyauté sa nature, de la justice sa conduite, de la vérité sa loi et de l’islam sa religion. Son nom est Muhammad. Par lui, Je guide après l’égarement, J’enseigne après l’ignorance, J’enrichis après la pauvreté et J’élève après la bassesse. Je dirige grâce à lui et J’ouvre les cœurs fermés parmi des oreilles sourdes et des cœurs scellés, face à des passions variées et divergentes. Je fais de sa communauté la meilleure qui ait été donnée aux hommes : ils ordonnent le bien et interdisent le mal, par sincérité pour Mon Nom et par confirmation de ce qu’ont apporté les messagers. Je leur inspire la glorification, la sanctification et l’affirmation de Mon unicité dans leurs mosquées, leurs assemblées, leurs demeures, à chacun de leurs déplacements et de leurs séjours. Ils prient pour Moi debout, assis, en s’inclinant et en se prosternant. Ils combattent dans Mon chemin en rangs et en troupes : leur offrande est leur sang, leur Évangile est dans leur cœur et leur oblation est dans leur ventre. Moines la nuit, lions le jour, tel est Mon bienfait : Je l’accorde à qui Je veux, car Je suis Celui dont la grâce est immense (2).

Nous mentionnerons ce qui viendra corroborer une grande partie de ce récit, qui sera exposé dans les sourates Al-Mâ’ida et As-Saff, si Dieu le veut. En Lui nous plaçons notre confiance.

Abou Hudhayfa Ishaq ibn Bishr a rapporté, par ses différentes chaînes de transmission, de Ka‘b al-Ahbar, Wahb ibn Munabbih, Ibn ‘Abbâs et Salmân al-Fârisî – dont les récits se mêlent les uns aux autres – qu’ils ont dit :

Lorsque ‘Îsâ (Jésus), fils de Maryam (Marie), fut envoyé et qu’il leur apporta les preuves évidentes, les hypocrites et les mécréants parmi les Enfants d’Israël s’étonnaient de lui et se moquaient de lui, en disant : « Qu’a donc mangé untel la nuit dernière ? Qu’a-t-il mis de côté chez lui ? » Il les en informait, ce qui affermissait la foi des croyants, tandis que les mécréants et les hypocrites voyaient leurs doutes et leur négation s’accroître. ‘Îsâ, quant à lui, n’avait pas de demeure où se réfugier : il errait sur la terre, sans lieu fixe ni endroit où il fût connu.

La première fois qu’il ressuscita un mort, il passa un jour près d’une femme assise auprès d’une tombe et qui pleurait. Il lui demanda : « Qu’as-tu donc, ô femme ? » Elle répondit : « Ma fille est morte ; je n’avais pas d’autre enfant qu’elle. J’ai fait le serment devant mon Seigneur de ne pas quitter cet endroit avant d’avoir goûté à ce qu’elle a goûté de la mort ou que Dieu me la ressuscite pour que je puisse la voir (3). »

‘Îsâ lui dit : « Si tu la vois ressuscitée, reviendras-tu sur ta décision ? » Elle répondit : « Oui. » Ils racontent alors que ‘Îsâ accomplit deux unités de prière, vint s’asseoir près de la tombe puis appela : « Ô toi, unetelle ! Relève-toi, par la permission du Tout-Miséricordieux, et sors ! » Ils disent que la tombe s’agita. Il appela une deuxième fois, et la tombe se fendit par la volonté de Dieu. À la troisième fois, la jeune fille sortit, secouant la poussière de sa tête. Il lui dit : « Qu’est-ce qui t’a retardée loin de moi (4) ? » Elle répondit : « Lorsque j’ai entendu le premier appel, Dieu m’a envoyé un ange qui reconstruisit mon corps. Puis vint le second appel, et Mon âme me fut rendue. Quand vint le troisième appel, j’ai craint que ce ne fût… »

(1) Dans le Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq : « et il n'est pas orné d'obscénité ». Dans certaines éditions imprimées, il est écrit : « et il ne porte pas de ceinture ». (2) Mukhtaṣar Tārīkh Dimashq : (20/99-100). (3) C’est ainsi dans l’édition B Ṭ. Dans l’édition A, il est écrit : « il la prépare ». Quant à sa phrase « à moi », elle n’apparaît pas dans l’édition B. (4) Dans l’édition Ṭ : « il retarda », et les deux formes sont correctes. On dit « il a retardé avec » et « il a ralentit avec ». Dans l’édition B : « ce qui te semble » dit-elle.
الأسواق، ولا مُزر (١) بالفحش، ولا قَوَّال بالخنا، أسدّده لكلّ أمر جميل، وأهب له كلّ خُلُق كريم، وأجعل التقوى ضميرَه، والحكمَ معقوله، والوفاءَ طبيعته، والعدلَ سيرته، والحق شريعته، والإسلامَ مِلَّته. اسمُه محمد، أهدي به بعد الضلالة، وأُعلّم به بعد الجهالة، وأُغني به بعد العائلة، وأرفع به بعد الضّعَة، أهدي به، وأفتح به بين آذان صم وقلوب غُلف وأهواء مختلفة متفرّقة. أجعل أمته خيرَ أمّةٍ أخرجت للناس، يأمرون بالمعروف، وينهون عن المنكر، إخلاصًا لاسمي وتصديقًا لما جاءت به الرسل. ألهمهم التسبيح والتقديس والتهليل في مساجدهم ومجالسهم وبيوتهم ومتقلّبهم ومثواهم، يصلّون لي قيامًا وقعودًا وركعًا وسجودًا، ويقاتلون في سبيلي صفوفًا وزحوفًا، قُرُباتهم دماؤهم، وأناجيلهم في صدورهم، وقربانهم في بطونهم، رهبانٌ بالليل، ليوث في النهار، ذلك فضلي أُوتيه من أشاء، وأنا ذو الفضل العظيم (٢) . وسنذكر ما يصدّق كثيرًا من هذا السياق. مما سنورده من سورتي المائدة والصف إن شاء الله، وبه الثقة. وقد روى أبو حذيفة إسحاق بن بشر بأسانيده عن كعب الأحبار ووهب بن منبه وابن عباس وسلمان الفارسي، دخل حديثُ بعضهم في بعض قالوا: لما بُعث عيسى ابن مريم وجاءهم بالبينات، جعل المنافقون والكافرون من بني إسرائيل يعجبون منه ويستهزئون به، فيقولون: ما أكل فلانٌ البارحة؟ وما ادّخَر في منزله؟ فيخبرهم، فيزداد المؤمنون إيمانًا والكافرون والمنافقون شكًا وكفرانًا، وكان عيسى مع ذلك ليس له منزل يأوي إليه، إنما يسيح في الأرض ليس له قرار ولا موضع يُعرف به، فكان أول ما أحيا من الموتى أنه مرَّ ذات يوم على امرأة قاعدةٍ عند قبر وهي تبكي، فقال لها: مالك أيتها المرأة؟ فقالت: ماتت ابنة لي لم يكن لي ولد غيرها، وإني عاهدت ربي أن لا أبرح من موضعي هذا حتى أذوق ما ذاقت من الموت أو يحييها الله لي (٣) فأنظر إليها، فقال لها عيسى: أرأيتِ إن نظرتِ إليها أراجعة أنت؟ قالت: نعم. قالوا: فصلّى ركعتين، ثمّ جاء فجلس عند القبر، فنادى يا فلانة قومي بإذن الرحمن فاخرجي، قال: فتحرّك القبر، ثمّ نادى الثانية فانصدع القبر بإذن الله، ثمّ نادى الثالثة فخرجت وهي تنفض رأسها من التراب، فقال لها ما بطَّأ بكِ عني (٤) ؟ فقالت: لمَّا جاءتني الصيحة الأولى بَعثَ الله لي مَلَكًا فركَّبَ خَلْفي، ثمّ جاءتني الصيحة الثانية فرجَّع إليّ روحي، ثمّ جاءتني الصيحة الثالثة فخِفت أنها
(١) في مختصر تاريخ دمشق: ولا متزين بالفحش. وفي بعض النسخ المطبوعة: ولا يتَّزر. (٢) مختصر تاريخ دمشق: (٢٠/ ٩٩ - ١٠٠). (٣) كذا في ب ط. وفي أ: يهيئها. وقوله: لي ليس في ب. (٤) في ط: أبطأ وكلاهما صحيح. يقال أبطأ به، وبطّأ به. وفي ب: ما بدا لك فقالت.

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