Les Tatars retournèrent alors à Alep et l’assiégèrent durant quatre mois, restreignant son ravitaillement. Ils mirent à mort de nombreux étrangers (avec patience), qu’Allah leur vienne en aide. Quant aux armées qui les avaient défaits à Ḥomṣ, elles restèrent sur place et ne retournèrent pas à Alep ; elles se dirigèrent plutôt vers l’Égypte, où le roi al-Ẓāhir les accueillit avec toute la magnificence de la souveraineté et se montra généreux à leur égard. Alep demeura donc assiégée, sans secours, durant cette période. Toutefois, Dieu la préserva.
Le lundi, septième jour de Ṣafar, al-Ẓāhir parut en public avec la majesté du pouvoir royal, tandis que les émirs et les soldats marchaient devant lui. C’était la première fois qu’il sortait ainsi, puis il continua à chevaucher régulièrement et à jouer à la polo.
Le onzième jour de Ṣafar, les émirs de Damas se révoltèrent contre son souverain, ʿAlam al-Dīn Sanjar, l’affrontèrent et le vainquirent. Celui-ci se réfugia dans la citadelle, qui fut alors assiégée. Il s’enfuit ensuite à la citadelle de Baʿlabakk. L’émir ʿAlāʾ al-Dīn Aydakīn al-Bunduqdārī, ancien mamelouk de Jamāl al-Dīn Yaghmūr puis du sultan al-Ṣāliḥ Ayyūb fils d’al-Kāmil – auquel est affilié le roi al-Ẓāhir –, s’empara de la citadelle de Damas. Al-Ẓāhir l’avait envoyé pour arracher la ville à ʿAlam al-Dīn Sanjar l’Aleppe, et il s’y installa en son nom. Puis ils assiégèrent ʿAlam al-Dīn Sanjar à Baʿlabakk jusqu’à capturer celui-ci, l’envoyèrent ensuite à al-Ẓāhir en Égypte, monté sur un mulet. Présenté de nuit au roi, il fut réprimandé, avant de recevoir certains présents et les honneurs.
Le lundi, huitième jour de Rabīʿ al-Awwal, al-Ẓāhir désigna comme vizir Bahāʾ al-Dīn ʿAlī ibn Muḥammad, surnommé Ibn al-Ḥanā. Puis, au mois de Rabīʿ al-Ākhir, il fit arrêter plusieurs émirs, ayant appris qu’ils complotaient pour se soulever contre lui. Durant cette même période, il envoya quelqu’un à al-Shūbak afin de la reprendre aux gouverneurs d’al-Mughīth, seigneur d’al-Karak.
Cette année-là, al-Ẓāhir arma aussi une troupe destinée à Alep, pour en expulser les Tatars. Lorsqu’elle atteignit Gaza, on écrivit