Et le Cheikh Abū Shāma dit (1) : « Le cheikh juriste était un homme imposant, et il bénéficia de la considération des princes (2) et d’autres encore. Il portait un couvre-chef dont la laine était tournée vers l’extérieur, tout comme son maître, le Cheikh ‘Abd Allāh al-Yūnīnī (3).
Il déclara : “Il a composé un écrit sur l’Ascension (al-Miʿrāj), et j’y ai répondu dans un ouvrage que j’ai intitulé al-Wāḍiḥ al-jalī fī l-radd ʿalā l-Ḥanbalī (Le clair et manifeste dans la réfutation du Hanbalite).” Son fils, Quṭb al-Dīn, mentionna qu’il mourut le dix-neuvième jour de Ramaḍān de cette année, à l’âge de quatre-vingt-huit ans – qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Muhammad ibn Khalīl (4) ibn ʿAbd al-Wahhāb ibn Badr, Abū ʿAbd Allāh al-Bayṭār al-Akkāl, était originaire de la montagne de Banī Hilāl. Il naquit au Qaṣr Ḥajjāj et résidait à al-Shāghūr. Il était reconnu pour sa droiture et sa piété, son altruisme envers les pauvres, les nécessiteux et les prisonniers. Il avait un comportement singulier : il n’acceptait rien à manger de qui que ce fût sans rémunération. Les gens de la ville se disputaient l’honneur de lui faire goûter les mets les plus raffinés et prestigieux, mais il refusait tant qu’ils ne lui versaient pas un bon prix. Plus il se montrait réticent (5) à l’égard de ces offrandes, plus il gagnait la sympathie des gens [qui l’aimèrent, se rapprochèrent de lui et venaient le voir] (6) avec de nombreuses friandises, grillades et autres victuailles. En retour, il leur versait une somme conséquente, et ce comportement était tout à fait étonnant. Qu’Allāh lui accorde Sa miséricorde et Sa satisfaction par Sa grâce et Sa générosité. Amīn.
[Puis arriva l’année 659 H (1261-1262 G)]. Elle débuta un lundi, quelques jours après le début de Kānūn al-Awwal (décembre). Les musulmans n’avaient pas de calife. Le maître de La Mecque était Abū Numay ibn Abī Saʿīd ibn ʿAlī ibn Qatāda al-Ḥasanī, associé à son oncle Idrīs ibn ʿAlī. Le maître de Médine était l’émir ʿIzz al-Dīn Jamāz ibn Shīḥa al-Ḥusaynī. Le souverain d’Égypte et du Shām (Syrie) (7) était le sultan al-Malik al-Ẓāhir [Rukn al-Dīn] Baybars al-Bunduqdārī. Son associé à Damas, Baalbek, al-Ṣubayba et Bāniyās était ʿAlam al-Dīn Sanjar [al-Ḥalabī], surnommé al-Malik al-Mujāhid. Quant à son associé à Alep, c’était l’émir Ḥusām al-Dīn Lāshīn (8) al-Jūkandārī al-ʿAzīzī. »