Issu de Jaʿfar al-Ṣādiq ibn Muḥammad al-Bāqir ibn ʿAlī (1) ibn al-Ḥusayn ibn ʿAlī ibn Abī Ṭālib, il déclara :
Il était auparavant pauvre, ne possédait rien, et le shaykh ʿAbd Allāh avait une épouse qui elle-même avait une fille d’une grande beauté. Le shaykh répétait : « Donne-la en mariage au shaykh Muḥammad », mais elle répondait : « Il est pauvre, et je souhaite que ma fille soit heureuse. » Alors le shaykh ʿAbd Allāh disait : « C’est comme si je les voyais [lui et elle] (4) dans une demeure bénie, jouissant d’une abondante subsistance, et les rois allant et venant pour lui rendre visite. » Il la lui donna donc en mariage, et c’est bien ce qui arriva. Elle fut sa première épouse — qu’Allāh lui fasse miséricorde.
Il dit encore : « Tous les rois le respectaient et l’honoraient, venant jusqu’à sa ville (5), parmi eux Banū al-ʿĀdil et d’autres encore. De même, les grands maîtres parmi les juristes tels Ibn al-Ṣalāḥ (6), Ibn ʿAbd al-Salām (7), Ibn al-Ḥājib (8), al-Ḥaṣīrī (9), Shams al-Dīn ibn Saniyy al-Dawlah (10), Ibn al-Jawzī et bien d’autres le considéraient grandement, revenant à son avis compte tenu de son savoir, de ses actes, de sa piété et de son intégrité. » De nombreuses situations, inspirations spirituelles et prodiges (karāmāt) lui ont été attribués (– qu'Allah lui fasse miséricorde –). Certains prétendirent qu’il était Qutb (11) depuis douze ans. Allāh est plus savant.
Le shaykh al-faqīh rapporta (12) : « Un jour, je pris la résolution de voyager à Ḥarrān, car on m’avait informé qu’un homme s’y trouvait, doué dans la science des successions (ʿilm al-farāʾiḍ). La nuit précédant mon départ (13), je reçus un message du shaykh ʿAbd Allāh al-Yūnīnī m’invitant avec insistance à me rendre à al-Quds al-Sharīf (Jérusalem). J’en fus presque contrarié, puis j’ouvris le Muṣḥaf et tombai sur ce verset : “Suivez ceux qui ne vous demandent aucun salaire et qui sont sur la bonne voie” (Yāsīn, 21). Je partis donc avec lui à al-Quds [al-Sharīf], où je trouvai justement l’homme de Ḥarrān. J’appris auprès de lui la science des successions, au point qu’il me sembla l’avoir dépassé (14) dans ce domaine. »