Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Kâmil se rendit auprès de son frère al-Ashraf à Damas, et l’installa dans la citadelle, tandis qu’al-Ashraf s’installa à Dâr as-Saʿâda (1). Il se mit alors à faire l’éloge du cheikh al-faqîh auprès d’al-Kâmil. Celui-ci (2) déclara : « J’aimerais (3) le voir. » Il lui envoya donc un billet à Baalbek pour le convoquer (4), et il arriva à Dâr as-Saʿâda. Al-Kâmil descendit à sa rencontre, et ils discutèrent ensemble, échangeant sur diverses questions de savoir. Surgit alors (5) une question à propos du meurtre commis à l’aide d’un instrument lourd (al-muthaqqal) (6), puis on évoqua le hadith à propos de la servante assassinée par un Juif qui lui avait écrasé la tête entre deux pierres. Le Messager de Dieu (que la prière et la paix soient sur lui) ordonna ensuite qu’il soit mis à mort (7).

Al-Kâmil dit : « Il ne s’était pourtant pas confessé. » Le cheikh al-faqîh répondit que dans le Sahîh Muslim, il est mentionné « qu’il a avoué. » Al-Kâmil ajouta : « J’ai abrégé le Sahîh Muslim [et je n’ai pas trouvé cela en lui] (8). » Al-Kâmil fit alors apporter cinq volumes de son abrégé de Muslim. Al-Kâmil en prit un, al-Ashraf un autre, ʿImâd ad-Dîn ibn Mûsak (9) un troisième, et le cheikh al-faqîh en ouvrit également un. Dès qu’il l’ouvrit, il trouva le hadith tel qu’il l’avait cité. Al-Kâmil s’étonna de sa mémoire et de la rapidité avec laquelle il l’avait retrouvé. Il voulut l’emmener avec lui en Égypte, mais al-Ashraf l’envoya aussitôt à Baalbek. Al-Kâmil dit : « Il ne préférerait rien à Baalbek. » Malgré cela, al-Kâmil lui fit parvenir une grande quantité d’or.

Son fils, Qutb ad-Dîn, déclara : « Mon père acceptait les dons des rois et disait : “J’ai droit à bien plus que cela dans le trésor public.” En revanche, il n’acceptait rien des émirs ni des vizirs, à moins que ce ne fût un présent comestible ou de nature similaire. Il leur envoyait [également] des offrandes du même type, qu’ils recevaient en signe de bénédiction et de remède. On rapporte qu’il accumula beaucoup d’argent et s’enrichit (10), au point de bénéficier d’une grande aisance. On mentionne également qu’al-Ashraf lui avait rédigé un acte pour le village de Yûnîn (11), qu’il remit à Muḥyî ad-Dîn ibn al-Jawzî afin qu’il obtînt la signature du calife. Mais lorsque mon père l’apprit, il prit l’acte et le déchira, en disant : “Je n’ai nul besoin de cela.” Il affirma aussi que mon père ne recevait rien provenant de la charité, tout en prétendant être un descendant de [ʿAlî ibn Abî Tâlib] (12).

(1) A, B : Lorsque al-Kāmil arriva à Damas avant son frère al-Ashraf, il le fit descendre à la citadelle, et al-Ashraf se rendit à la demeure de la Félicité. (2) Reporté par Ṭ uniquement. (3) A, B : Ashṭā (désirai). (4) A, B : Il le fit venir et arriva. (5) A, B : Je le mentionnai. (6) Al-Muthaqal : ce qui est illimité, comme le bâton et la pierre. (7) Rapporté par al-Bukhārī dans son Ṣaḥīḥ, n° 2413, dans le livre des contestations, et par Muslim n° 1672 (17) dans le chapitre de la qasāmah, d’après le hadith d’Anas ibn Mālik (que Dieu l’agrée). (8) Lieu entre les deux barrières dans B : « il reconnut, puis dit ». (9) Ibn Musk a déjà été mentionné dans les chroniques de l’année 644 dans ce volume. (10) A, B : Il mentionna qu’il s’enrichit et augmenta sa fortune. (11) Yūnīn ou Yūnān, villages de Baalbek. Muʿjam al-Buldān (5/453). (12) A, B : al-Bāqir ibn Zayn al-ʿĀbidīn ibn al-Ḥusayn.
وقدم الكامل على أخيه الأشرف دمشق فأنزله القلعة وتحوَّل الأشرف لدار السعادة (١) وجعل يذكر للكامل محاسنَ الشيخ الفقيه، فقال الكامل (٢) : أحب (٣) أن أراه، فأرسل إليه إلى بعلبك بطاقة واستحضره (٤) فوصل إلى دار السعادة، فنزل الكامل إليه وتحادثا وتذاكرا شيئًا من العلم، فجرت (٥) مسألة القتل بالمُثَقَّل (٦) ، وجرى ذكرُ حديث الجارية التي قتلها اليهوديُّ، فرضَّ رأسها بين حجرين فأمر رسول الله ﷺ بقتله (٧) ، فقال الكامل: إنه لم يعترف. فقال الشيخ الفقيه في صحيح مسلم "فاعترف" ، فقال الكامل أنا اختصرت صحيح مسلم [ولم أجد هذا فيه] (٨) ، فأرسل الكامل فأحضر خمس مجلدات اختصاره لمسلم، فأخذ الكامل مجلدًا، والأشرف آخر، وعماد الدين بن موسك (٩) آخر، وأخذ الشيخ الفقيه مجلدًا، فأول ما فتحه وجد الحديث كما قال الشيخ الفقيه، فتعجب الكامل من استحضاره وسرعة كشفه، وأراد أن يأخذه معه إلى الديار المصرية، فأرسله الأشرف سريعًا إلى بعلبك، وقال الكامل: إنه لا يُؤْثر ببعلبك شيئًا، فأرسل له الكاملُ ذهبًا كثيرًا. قال ولده قطبُ الدين: وكان والدي يقبلُ برَّ الملوك ويقول: أنا لي في بيت المال أكثرُ من هذا، ولا يقبل من الأمراء ولا من الوزراء شيئًا إلا أن يكون هدية مأكولٍ ونحوه، ويرسل إليهم [شيئًا] من ذلك فيقبلونه على سبيل التبرُّكِ والاستشفاء. وذكر أنه كثر ماله وأثرى (١٠) ، وصار له سعة من المال كثيرة، وذكر له أن الأشرف كتبَ له كتابًا بقرية يونين (١١) وأعطاه لمحيي الدين بن الجوزي ليأخذ عليه خطَّ الخليفة، فلما شعر والدي بذلك أخذ الكتاب ومزَّقَه وقال: أنا في غنية عن ذلك. وقال: كان والدي لا يقبل شيئًا من الصدقة ويزعم أنه من ذرية [علي بن أبي طالب] (١٢)
(١) أ، ب: ولما قدم الكامل على أخيه الأشرف دمشق أنزله القلعة وتحوّل الأشرف إلى دار السعادة. (٢) عن ط وحدها. (٣) أ، ب: أشتهي. (٤) أ، ب: فاستحضره ووصل. (٥) أ، ب: فذكرت. (٦) المثقَّل: ما ليس له حدّ كالعصا والحجر. (٧) رواه البخاري في صحيحه رقم (٢٤١٣) في كتاب الخصومات، ومسلم رقم (١٦٧٢) (١٧) في القسامة من حديث أنس بن مالك ﵁ . (٨) مكان ما بين الحاصرتين في ب: فاعترف فقال. (٩) تقدم ذكر ابن موسك في أخبار سنة ٦٤٤ من هذا الجزء. (١٠) أ، ب: وذكر أنه أثرى وكثر ماله. (١١) يونين أو يونان من قرى بعلبك. معجم البلدان (٥/ ٤٥٣). (١٢) أ، ب: الباقر بن زين العابدين بن الحسين.

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