‘Îsâ ibn Abî ar-Rijâl Aḥmad ibn ‘Alî ibn Muḥammad ibn Muḥammad ibn Muḥammad ibn al-Ḥusayn ibn Isḥâq ibn Ja‘far aṣ-Ṣâdiq. Ainsi, le shaykh Quṭb ad-Dîn al-Yûnînî (1) rapporta cette filiation d’après l’écriture de son frère aîné Abû al-Ḥusayn ‘Alî, qui lui apprit que leur père lui avait déclaré : « Nous sommes issus de la descendance de Ja‘far aṣ-Ṣâdiq. » Il ajouta qu’il ne le lui avait révélé qu’à l’article de la mort, afin de se dispenser de recevoir l’aumône (2).
Abû ‘Abd Allâh ibn Abî al-Ḥusayn al-Yûnînî al-Ḥanbalî Taqî ad-Dîn, le juriste (3), le gardien (ḥâfiẓ) avisé, remarquable, homme de dévotion et d’ascèse, naquit en l’an cinq cent soixante-douze de l’Hégire. Il écouta al-Khushû‘î (4), Ḥanbal (5), al-Kindî (6), ainsi que l’hâfiẓ ‘Abd al-Ghanî (7) [al-Maqdisî], lequel faisait son éloge. Il étudia la jurisprudence auprès du [shaykh] al-Muwaffaq (8) et suivit régulièrement le shaykh ‘Abd Allâh al-Yûnînî (9), dont il tira profit. Le shaykh ‘Abd Allâh le louait, le mettait en avant et s’inspirait de lui pour les fatâwâ [juridiques]. Il reçut la khirqa (vêtement spirituel) du maître de son maître, ‘Abd Allâh al-Baṭâ’iḥî. Il excella dans la science du ḥadîth, mémorisa le « recueil des deux Ṣaḥîḥ » dans ses moindres détails (avec les lettres fâ’ et wâw) et apprit par cœur (10) une partie considérable du Musnad [de l’imam] Aḥmad. Il était versé en langue arabe, qu’il étudia (11) auprès de Tâj al-Kindî, et il écrivait avec élégance et clarté. Les gens profitaient de ses nombreuses compétences, recueillaient de lui des voies (12) subtiles, et il obtint ainsi une grande considération auprès des souverains.
Un jour, il fit ses ablutions devant le roi al-Ashraf dans la citadelle (13), tandis qu’on écoutait la récitation de [Ṣaḥîḥ] al-Bukhârî par al-Zubaydî. Lorsqu’il acheva ses ablutions, le sultan secoua sa takhfîfa (14), la déploya sur le sol (15) pour qu’il y pose le pied, et il jura (16) qu’elle était pure et qu’il devait impérativement y marcher des deux pieds, ce qu’il fit (17).