Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Il a été rapporté qu’il avait accédé au sultanat, et il déclara : « Par Dieu, il vaincra bel et bien les Tatars. » Et c’est exactement ce qui advint (1). Lorsque an-Nâsir retourna dans la région d’Égypte et voulut y pénétrer, puis s’en ravisa, la plupart des armées syriennes y entrèrent ; l’émir qui relate cet événement faisait partie de ceux qui s’y introduisirent. Al-Muzaffar lui attribua alors le commandement de cinquante cavaliers, tenant ainsi sa promesse. Cet émir était Jamâl ad-Dîn al-Barkkhânî (3).

Ibn al-Athîr a dit : « Il me rencontra en Égypte après avoir accédé à son commandement ; il me rappela ce qu’il m’avait annoncé au sujet d’al-Muzaffar, et je le lui remémorai. Puis survint la bataille contre les Tatars peu de temps après, et il les écrasa et les chassa du pays. »

Il est rapporté aussi que lorsque cet émir aperçut les escadrons tatars, il s’adressa aux émirs et aux troupes qui l’accompagnaient en ces termes : « Ne les affrontez pas tant que le soleil n’aura pas passé son zénith, que les ombres ne se seront allongées, que le vent ne se sera levé et que les prédicateurs ainsi que les fidèles n’auront pas invoqué Allah en notre faveur, lors de leurs prières. » Qu’Allah lui fasse miséricorde.

[Kitbughânuwîn] (5)

Cette année-là, Kitbughânuwîn, le lieutenant de Hûlâgû en terre du Shâm — qu’Allah le maudisse — succomba. Le terme « Nuwîn » signifie « émir de dix mille » (6). Ce misérable avait ouvert la voie à son maître Hûlâgû depuis les confins de la Perse jusqu’aux contrées du Shâm. Il avait connu Gengis Khân [le Grand], l’aïeul de Hûlâgû. Et ce Kitbughâ s’appuyait, lors de ses guerres contre les musulmans, sur des stratagèmes auxquels nul ne l’avait précédé (7). En effet, lorsqu’il soumettait une cité, il emmenait ses combattants dans la cité suivante et réclamait de ses habitants qu’ils les accueillent. S’ils acceptaient, il atteignait son objectif : raréfier leur nourriture et leur eau, ce qui raccourcissait la durée du siège (8) étant donné le manque de vivres chez les assiégés. Mais s’ils refusaient, il utilisait contre eux ces mêmes combattants, qui étaient originaires de la ville conquise auparavant. Si la conquête se réalisait, il en tirait profit ; sinon, il affaiblissait les uns par les autres, jusqu’à épuiser ces combattants. Si malgré tout il ne parvenait pas à prendre la cité, il déployait alors ses propres soldats et compagnons, pendant que les siens se reposaient et que les défenseurs de la place, déjà épuisés, s’affaiblissaient davantage, ce qui permettait de la conquérir rapidement.

Il envoyait aussi à la forteresse le message suivant : « Votre eau a diminué et nous risquons de vous prendre d’assaut, de vous tuer jusqu’au dernier et d’asservir vos femmes et vos enfants. Que vous restera-t-il quand vous n’aurez plus d’eau ? Concluez la paix avant que nous ne vous prenions par la force. » Les assiégés répondaient : « Nous disposons d’une grande quantité d’eau et n’avons nul besoin de nous en procurer ailleurs. » Alors il répliquait : « Je ne vous croirai pas tant que je n’aurai pas dépêché quelqu’un de mon camp pour examiner vos réserves. Si elles sont effectivement abondantes, je me retirerai de chez vous. » Et ils lui disaient : « Envoie-le. »

(1) A, B : Cela a été ainsi comme il a dit. (2) A, B : Il l'a ordonné. (3) A : al-Turkhanī, B : al-Barakah Khānī, T : al-Turkamānī. Ce passage provient de la suite de Mirʾāt al-Zamān, source de l'auteur. (4) A, B : Il me rencontra en terre d'Égypte après avoir donné l'ordre, puis il me mentionna. (5) Traduction - Kutubghānwīn - dans Tārīkh al-Islām (14/889), Al-ʿIbar (5/348-347), Al-Ishārah (356) et Al-Nujūm al-Zāhirah (7/90). (6) A, B : c'est-à-dire. (7) A, B : Pour les musulmans et dans les pays de Khorasan et d'Irak, il y a des choses qu'aucun n'a jamais dépassées auparavant. (8) A, B : Par la brièveté de la durée de leur siège. (9) De cette expression jusqu'au propos d'al-Yūnīnī, il y a une grande différence dans les deux sources A, B, mais le sens est unique, et je n'ai pas trouvé en affirmant le désaccord une grande utilité.
بأنه قد تولَّى السلطنة، فقال والله ليكسرن التتار، وكان كذلك (١) ، ولما رجع الناصر إلى ناحية الديار المصرية وأراد دخولها ورجع عنها ودخلها أكثر الجيوش الشامية كان هذا الأمير الحاكي في جملة من دخلها، فأعطاه (٢) المظفر إمرة خمسين فارسًا، ووفى له بالوعد، وهو الأمير جمال الدين البركخاني (٣) . قال ابن الأثير: فلقيني بمصر بعد أن تأمر فذكرني (٤) بما كان أخبرني عن المظفر، فذكرته. ثم كانت وقعة التتار على إثر ذلك فكسرهم وطردهم عن البلاد. وقد روي عنه أنه لما رأى عصائب التتار قال للأمراء والجيوش الذين معه: لا تقاتلوهم حتى تزول الشمس وتفيء الظلال وتهب الرياح، ويدعو لنا الخطباء والناس في صلاتهم، رحمه الله تعالى. [كتبغانوين] (٥) وفيها: هلك كَتْبُغانُوِين نائب هولاكو على بلاد الشام لعنه الله. ومعنى نُوين يعني (٦) أمير عشرة آلاف، وكان هذا الخبيث قد فتح لأستاذه هولاكو من أقصى بلاد العجم إلى الشام، وقد أدرك جنكيز خان [الكبير] جد هولاكو، و [قد] كان كَتْبُغا هذا يعتمد في حروبه للمسلمين أشياء لم يسبقه أحد إليها (٧) ، كان إذا فتح بلدًا ساق مقاتلة هذا البلد إلى البلد الآخر الذي يليه، ويطلب من أهل ذلك البلد أن يؤوا هؤلاء إليهم، فإن فعلوا حصل مقصوده في تضييق الأطعمة والأشربة عليهم، فتقصر مدة الحصار (٨) عليه (٩) لما ضاق على أهل البلد من أقواتهم، وإن امتنعوا من إيوائهم عندهم قاتلهم بأولئك المقاتلة الذين هم أهل البلد الذي فتحه قبل ذلك، فإن حصل الفتح وإلا كان قد أضعف أولئك بهؤلاء حتى يفني تلك المقاتلة، فإن حصل الفتح وإلا قاتلهم بجنده وأصحابه مع راحة أصحابه وتعب أهل البلد وضعفهم حتى يفتحهم سريعًا. وكان يبعث إلى الحصن يقول: إن ماءكم قد قل فنخشى أن نأخذكم عنوة فنقتلكم عن آخركم ونسبي نساءكم وأولادكم فما بقاؤكم بعد ذهاب مائكم، فافتحوا صلحًا قبل أن نأخذكم قسرًا، فيقولون له: إن الماء عندنا كثير فلا نحتاج إلى ماءٍ. فيقول: لا أصدق حتى أبعث من عندي من يشرف عليه فإن كان كثيرًا انصرفت عنكم، فيقولون: ابعث
(١) أ، ب: فكان كذلك كما قال. (٢) أ، ب: فأمره. (٣) أ: التركخاني، وب: البركة خاني، وط: التركماني. وما هنا عن ذيل مرآة الزمان مصدر المؤلف. (٤) أ، ب: فلقيني بالديار المصرية بعد أن يأمر فذكرني. (٥) ترجمة - كتبغانوين - في تاريخ الإسلام (١٤/ ٨٨٩) والعبر (٥/ ٣٤٧ - ٢٤٨) والإشارة (٣٥٦) والنجوم الزاهرة (٧/ ٩٠). (٦) أ، ب: أي. (٧) أ، ب: للمسلمين وببلاد خراسان والعراق أشياء لم يسبقه أحد أبدًا. (٨) أ، ب: بتقصير مدة حصارهم. (٩) من هذه اللفظة إلى قول اليونيني مختلف كثيرًا في الأصلين أ، ب ولكن المؤدى واحد، ولم أجد في إثبات الخلاف كبير فائدة.

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