Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Al-Mansour ‘Alî (1). Lorsqu’il apprit la menace des Tatars, il craignit que l’unité ne se brise en raison de la jeunesse du fils de son maître (2). Il le destitua donc et s’attribua le pouvoir. On lui prêta serment d’allégeance au mois de Dhou al-Qa’da de l’an cinquante-sept, comme mentionné précédemment. Puis il marcha contre les Tatars, et Dieu lui accorda—par son entremise—la victoire de l’islam, comme nous l’avons rapporté [à ‘Ayn Jâlût]. Il était courageux, vaillant, très bienfaisant, et un grand conseiller pour l’islam et ses fidèles [les gens l’aimaient et invoquaient beaucoup Dieu en sa faveur].

On rapporte à son sujet que, le jour de la bataille de ‘Ayn Jâlût, sa monture fut tuée et, dans l’immédiat, il ne trouva personne parmi les wushâqiyya, qui avaient les chevaux de réserve. Il mit donc pied à terre et resta debout [ainsi], bien ferme, tandis que la bataille faisait rage. Il se tenait à l’emplacement du sultan, au centre (6). L’un des émirs le vit, descendit de sa monture et insista avec serment pour qu’il la monte, mais al-Mansour refusa en disant à cet émir (7) : « Je ne saurais priver les musulmans de ton aide. » Il demeura ainsi jusqu’à ce que les wushâqiyya lui apportent un cheval, et il enfourcha sa nouvelle monture (8).

L’un des émirs le réprimanda, déclarant : « Ô Khawand, pourquoi ne pas avoir monté le cheval d’un tel ? Si l’ennemi t’avait aperçu, il t’aurait tué (9), et l’islam aurait péri par ta faute. » Il répondit : « Quant à moi, je me serais dirigé vers le Paradis, et quant à l’islam, il a un Seigneur qui ne l’abandonne pas. Untel, untel et untel — et il énuméra plusieurs rois — ont bien été tués ; Dieu a suscité d’autres pour préserver l’islam, et Il ne l’a pas laissé périr. »

Lorsque al-Mansour quitta l’Égypte, un groupe de grands émirs des Bahriya, entre autres, l’accompagna, ainsi que le Mansour, seigneur de Hama, et plusieurs enfants de rois (10). Il envoya alors un message à ce dernier en lui disant : « Ne te donne pas la peine de dresser un grand banquet (11) en ces jours-ci. Que chaque soldat ait un morceau de viande (12) à manger, hâte-toi, hâte-toi. » Comme nous l’avons rapporté (13), il rencontra son ennemi durant les dix derniers jours du mois de Ramadan, un vendredi. C’était un grand présage, car la bataille de Badr eut également lieu un vendredi.

= Mort en 647 de l'Hégire. Zîl ar-Rawdhatayn (183), an-Nujûm (6/363), ach-Chudharât (7/411) et Tarwiḥ al-Qulûb (79).\n(1) A, B : Ensuite, lorsque son maître al-‘Izz fut tué, il se leva pour la succession du fils de son maître, al-Mansur Nûr ad-Dîn ‘Alî.\n(2) A, B : À cause de Sakhâr ibn...\n(3) T : Il fit.\n(4) A, B : Mammā’ian. Les deux termes ont le même sens.\n(5) Entre les deux digues dans A, B : Et ils l’aiment.\n(6) A, B : Fermement établi sur le lieu de la bataille et le siège du pouvoir au cœur.\n(7) A, B : Et il prêta serment au sultan de monter, mais le sultan refusa en disant : « Je n’étais pas... »\n(8) A, B : Jusqu’à ce que vint Al-Washāqiyya, alors il monta.\n(9) A, B : Si certains ennemis t’avaient vu, ils t’auraient tué.\n(10) A, B : Dieu ne laissa pas l’islam périr alors qu’il était alors exilé des pays égyptiens à son service.\n(11) A, B : Ne t’acharne pas à prolonger la couverture.\n(12) A, B : Une réunion dans un soulaqah (marché).\n(13) A, B : Ils lui sont hostiles.
المنصور علي (١) ، فلما سمع بأمر التتار خاف أن تختلف الكلمة لصغر (٢) ابن أستاذه فعزله ودعا إلى نفسه، فبويع في ذي القعدة سنة سبع وخمسين كما تقدم، ثم سار إلى التتار فقدر (٣) الله على يديه نصرة الإسلام كما ذكرنا، [بعين جالوت] ، وقد كان شجاعًا بطلًا كثير الخير ناصحًا (٤) للإسلام وأهله [وكان الناس يحبونه ويدعون له كثيرًا] (٥) . ذكر عنه أنه لما كان يوم المعركة بعين جالوت قُتل جواده ولم يجد أحدًا في الساعة الراهنة من الوشاقية الذين معهم النجائب، فترجَّل وبقي واقفًا [كذلك] على الأرض ثابتًا، والقتال عمَّال في المعركة، وهو في موضع السلطان من القلب (٦) ، فلما رآه بعض الأمراء تَرَجَّلَ عن فرسه وحلفَ على السلطان ليركبنها فامتنع وقال لذلك الأمير (٧) : ما كنت لأحرم المسلمين نفعَكَ. ولم يزل كذلك حتى جاءته الوشاقية بالخيل فركب (٨) ، فلامه بعضُ الأمراء وقال: يا خوند لم لا ركبت فرسَ فلانٍ؟ فلو أن بعض الأعداء رآك لقتلك (٩) وهلك الإسلام بسببك، فقال: أما أنا فكنتُ أروح إلى الجنة، وأما الإسلام فله ربٌّ لا يضيّعه، قد قُتل فلان وفلان وفلان حتى عدَّ خلقًا من الملوك، فأقام للإسلام من يحفظه غيرهم، ولم يضيّع الإسلام. (رحمه الله) . وكان حين سار من مصر في خدمته (١٠) خلق من كبار الأمراء البحرية وغيرهم، ومعه المنصور صاحب حماة وجماعة من أبناء الملوك. فأرسل إلى صاحب حماة يقول له لا تتعنّى في مد (١١) سماط في هذه الأيام، وليكن مع الجندي لحمة يأكلها (١٢) ، والعجلَ العجلَ، وكان اجتماعه مع عدوه (١٣) كما ذكرنا في العشر الأخير من رمضان يوم الجمعة، وهذه بشارة عظيمة، فإن وقعة بدر كانت يوم الجمعة في
= مات سنة ٦٤٧. ذيل الروضتين (١٨٣) والنجوم (٦/ ٣٦٣) والشذرات (٧/ ٤١١) وترويح القلوب (٧٩). (١) أ، ب: ثم إنه لما قتل أستاذه العز قام في تولية ابن أستاذه المنصور نور الدين علي. (٢) أ، ب: بسبب صخر ابن. (٣) ط: فجعل. (٤) أ، ب: ممالئًا. وهما بمعنى. (٥) ما بين الحاصرتين في أ، ب: وهم يحبونه. (٦) أ، ب: ثابتًا في محل المعركة وموضع السلطنة من القلب. (٧) أ، ب: وحلف على السلطان ليركب فامتنع السلطان وقال ما كنت. (٨) أ، ب: حتى جاءت الوشاقية فركب. (٩) أ، ب: فلو كان رآك بعض الأعداء لقتلك. (١٠) أ، ب: فلم يضيع الله الإسلام وكان حين ساق من الديار المصرية في خدمته. (١١) أ، ب: لا تتعنى بمدّ سماط. (١٢) أ، ب: لمة في سولقة. (١٣) أ، ب: بعدوه.

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