Il exerça le pouvoir à Damas de manière indépendante en l’an quarante-trois et le conserva jusqu’à cette (1) année. Lorsqu’il fut révoqué par al-Kamâl al-Tiflîsî, lui et le juge Muḥyî al-Dîn ibn al-Zakî (2) se rendirent auprès de Hûlâkû après la prise d’Alep. Il investit Ibn al-Zakî de la fonction de juge, et choisit (3) Ibn Saniyy al-Dawla pour Baalbek. Celui-ci y arriva malade, y mourut et fut enterré auprès du shaykh ‘Abd Allâh al-Yûnînî (4). Le sultan al-Malik al-Nâṣir faisait son éloge, tout comme al-Malik al-Ashraf louait son père, Shams al-Dîn (5).
Lorsque le sultan al-Malik al-Ẓâhir Baybars consolida son pouvoir, il confia la magistrature à son fils Najm al-Dîn (6) Abû Bakr ibn Qâḍî al-Quḍât Ṣadr al-Dîn pour Damas, destituant Ibn al-Zakî. Puis, après un an, il le révoqua également et fit appel à Ibn Khallikân, comme il sera expliqué, et Dieu est Celui dont on implore le secours.
Quant au juge Ṣadr al-Dîn ibn Saniyy al-Dawla, c’est lui qui introduisit (7), à l’époque des abricots, la cessation des leçons car il possédait un verger dans la région d’al-Sahm, et il lui était difficile de descendre donner cours (8) à ce moment-là. Pendant ces jours-là, les gens abandonnèrent donc l’étude et le suivirent (9) en cela, car les âmes penchent vers le repos et l’oisiveté, notamment chez ceux qui possèdent des vergers lorsque les fruits abondent et que les désirs se multiplient, surtout parmi les juges.
La même année, mourut le roi al-Sa‘îd (10), seigneur de Mardin (11), Najm al-Dîn (12) Îl Ghâzî ibn al-Manṣûr Artuq ibn Arslân ibn Îl Ghâzî ibn Albi (13) ibn Timirtâsh ibn Îl Ghâzî ibn Artuq (14). Il était vaillant [très considéré], il régna un jour, et il advint que Tûrân (15) Shâh, fils du sultan Ṣalâḥ al-Dîn, se retrouva dans sa citadelle.