Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

La bonne nouvelle de la victoire des musulmans sur les Tatars à ‘Ayn Jālūt parvint, louange à Dieu. En effet, lorsque le roi al-Muẓaffar [Sayf al-Dīn] Qutuz, souverain d’Égypte (1), apprit que les Tatars avaient infligé au Bilād al-Shām (la Syrie) ce dont nous avons parlé, saccageant toutes les régions jusqu’à atteindre Gaza — où ils firent prisonnier son souverain, al-Nāṣir ibn al-ʿAzīz, qui avait pourtant fui jusque-là (2) — ils se disposaient déjà à pénétrer en Égypte (3).

Par ailleurs (4), le roi al-Nāṣir, seigneur de Damas, avait entrepris de se rendre en Égypte, et il eût mieux valu qu’il le fît. Il était accompagné du roi al-Manṣūr, seigneur de Ḥamā, ainsi que d’un grand nombre d’émirs et de fils de rois. Ils parvinrent jusqu’à Qaṭiyya (5), où se trouvait le roi al-Muẓaffar pour les accueillir. Celui-ci leur envoya un message, à lui et à al-Manṣūr, les pressant d’avancer, et lui disant : « Avancez afin que, face aux Tatars, nous ne fassions qu’un. » Al-Nāṣir eut des soupçons à ce propos et craignit d’en être la victime. Quant au roi al-Muẓaffar Qutuz, il traita généreusement le seigneur de Ḥamā et lui promit le retour dans son royaume, promesse qu’il tint.

Mais al-Nāṣir ne pénétra pas en Égypte ; il revint plutôt sur ses pas en direction de la région de Tīh Banī Isrāʾīl, tandis que la majorité de ceux qui l’accompagnaient entrèrent en Égypte. S’il y était entré, son sort en eût été plus aisé que ce qu’il advint ensuite. Cependant, il les craignait à cause de l’hostilité (6), aussi se dirigea-t-il vers al-Karak, où il se retrancha. Il eût mieux fait d’y rester, mais il fut agité et s’enfonça dans le désert — il eût été préférable qu’il demeurât dans cet espace. Il se réfugia auprès de certains émirs bédouins. Les Tatars l’y rattrapèrent, ravageant et pillant (7) les biens s’y trouvant, (détruisant les habitations), massacrant grands et petits, puis se jetant sur les tribus bédouines de ces contrées, en tuant un très grand nombre (et en réduisant en captivité les leurs et leurs femmes). Par la suite, les Arabes se vengèrent (8) : à la mi-Shaʿbān, ils menèrent une razzia sur la cavalerie de ces Tatars et l’emportèrent en bloc. Les Tatars se lancèrent à leur poursuite sans pouvoir les rattraper, ni récupérer un seul cheval ou même un âne (9).

Les Tatars continuèrent à poursuivre al-Nāṣir jusqu’à ce qu’ils le capturent auprès du bassin de Zīzī (10). Ils l’envoyèrent, accompagné de son fils al-ʿAzīz — encore enfant — et de son frère, auprès de leur souverain, Hūlākū Khān, alors campé près d’Alep. Ils restèrent tous trois captifs avant d’être mis à mort l’année suivante, comme nous le mentionnerons.

L’essentiel est que, lorsque le roi al-Muẓaffar Qutuz apprit ce que les Tatars avaient fait dans la Syrie préservée (11) et qu’ils se préparaient à

(1) A, B : les terres égyptiennes. (2) Par B seule. (3) A, B : Et il décida d'entrer dans les terres égyptiennes. (4) Concernant ce terme et plusieurs lignes, il existe de grandes divergences entre les manuscrits ; je n'ai pas jugé utile de les mentionner car ils ont une seule signification. (5) « Qaṭiyya » : avec un fatḥa, puis un sukūn, et un yāʼ ouvert ; un village sur la route de l'Égypte au milieu du désert près de Farama. Voir Muʿjam al-Bulān (4/378). (6) A, B : à cause d'une inimitié entre lui et eux. (7) Par T seule. (8) A, B : de leurs femmes et de leurs enfants, il a enquêté. (9) A, B : et pas l'âne non plus. (10) A, B : jusqu'à ce qu'ils le capturent et le fassent prisonnier près de l'étang de Zīzī. (11) Par T seule.
جاءت البشارة بنصرة المسلمين على التتار بعين جالوت، ولله الحمد وذلك أن الملك المظفر [سيف الدين] قطز صاحب مصر (١) لما بلغه أن التتار قد فعلوا بالشام ما ذكرنا، وقد نهبوا البلاد كلها حتى وصلوا إلى غزة، [وقد أسروا ملكها الناصر بن العزيز وكان قد هرب منهم حتى وصل إلى غزة] (٢) ، وقد عزموا على الدخول إلى مصر (٣) ، وقد (٤) عزم الملك الناصر صاحب دمشق على الرحيل إلى مصر، وليته فعل، وكان في صحبته الملك المنصور صاحب حماه وخلق من الأمراء وأبناء الملوك، وقد وصل إلى قَطْيَة (٥) ، وفيها الملك المظفر للقائه فأرسل إليه وإلى المنصور مستحثِّين، وأرسل إليه يقول تقدَّمْ حتى نكون كتفًا واحدًا على التتار فتخيَّل من ذلك وخاف أن ينتصر عليه، وأكرم الملك المظفر قطز صاحب حماة ووعده ببلده ووفاه له، ولم يدخل الملك الناصر مصر بل كرَّ راجعًا إلى ناحية تيه بني إسرائيل، ودخل عامةُ مَنْ كان معه إلى مصر، ولو دخل كان أيسر عليه مما صار إليه، ولكنه خاف منهم لأجل العداوة (٦) فعدل إلى ناحية الكرك فتحصن بها وليته استمر فيها، ولكنه قلق فركب نحو البرية -وليته ذهب فيها - واستجار ببعض أمراء الأعراب، فقصدته التتار وأتلفوا [ونهبوا ما هنالك] من الأموال [وخربوا الديار] (٧) وقتلوا الكبار والصغار، وهجموا على الأعراب التي بتلك النواحي فقتلوا منهم خلقًا [كثيرًا] وسبوا من نسلهم ونسائهم، وقد اقتص (٨) منهم العرب بعد ذلك، فأغاروا على خيل حشارهم في نصف شعبان فساقوها بأسرها، فساقت وراءهم التتار فلم يدركوا لهم الغابر ولا استردوا منهم فرسًا ولا حمارًا (٩) ، وما زال التتار وراء الناصر حتى أخذوه عند بركة زيزي (١٠) وأرسلوه مع ولده العزيز وهو صغير وأخيه إلى ملكهم هولاكوخان وهو نازل على حلب، فما زالوا في أسره حتى قتلهم في السنة الآتية كما سنذكره. والمقصود أن المظفر قطز لما بلغه ما كان من أمر التتار بالشام المحروسة (١١) وأنهم عازمون على
(١) أ، ب: الديار المصرية. (٢) عن ب وحدها. (٣) أ، ب: وعزم على الدخول إلى الديار المصرية. (٤) من هذه اللفظة ولعدة سطور ثمة خلافات كبيرة بين النسخ لم أجد فائدة من إثباتها لأنها ذات مدلول واحد. (٥) "قَطْيَة": بالفتح، ثم بالسكون، وياء مفتوحة: قرية في طريق مصر في وسط الرمل قرب الفرما. معجم البلدان (٤/ ٣٧٨). (٦) أ، ب: لعداوة ما بينه وبينهم. (٧) عن ط وحدها. (٨) أ، ب: من نسائهم وأبنائهم قد استقصى. (٩) أ، ب: ولا الحمار. (١٠) أ، ب: حتى أخذوه وأسروه من عند بركة زيزي. (١١) عن ط وحدها.

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