Ils pénétrèrent dans les contrées et transformèrent les plus nobles de ses habitants en humiliés (1), si bien que nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons. La citadelle leur résista un mois, puis ils la remirent (2) sous la garantie de l’amān (la sécurité). Ils démolirent alors les remparts de la ville ainsi que les murailles de la citadelle, et Alep (3) resta tel un âne couvert de gale. Son gouverneur était le roi al-Muʿaẓẓam Turān Chāh ibn Ṣalāḥ al-Dīn, un homme sage et déterminé, mais l’armée ne voulut pas combattre (4). Le décret de Dieu fut donc accompli.
Hülagü avait envoyé aux habitants d’Alep (5) ce message : « Nous ne sommes venus que pour combattre le roi an-Nāṣir à Damas. Placez chez vous une garnison (6). Si la victoire nous revient, tout le pays sera sous notre autorité. Si nous sommes vaincus, vous pourrez mettre à mort (7) la garnison ou la libérer, comme il vous plaira. » Ils lui répondirent (8) : « Tu n’as rien de nous sinon l’épée. » Il s’étonna de leur faiblesse et de leur réponse (9), puis marcha contre eux et encercla la ville. Ce qui arriva se produisit selon le décret de Dieu, exalté soit-Il (10).
Lorsque Alep fut conquise, le seigneur de Hama envoya ses clefs à Hülagü (11). Celui-ci plaça à sa tête un gouverneur d’origine persane, prétendant descendre de Khālid ibn al-Walīd, nommé Khusrawshāh. Il détruisit ses remparts comme ceux de la ville d’Alep (12).
Description de leur prise de Damas (13) et du rapide déclin de leur pouvoir sur elle :
Alors que Hülagü assiégeait Alep, il dépêcha une armée dirigée par un de ses principaux émirs, nommé Kitbughānūyīn, qui arriva à Damas à la fin du mois de Ṣafar. Ils s’en emparèrent rapidement, sans la moindre résistance (14). En effet, ses notables les accueillirent généreusement. Hülagü avait fait rédiger une lettre d’amān (15) pour les habitants de la ville, qui fut lue sur la place d’al-Mīdān al-Akhdar et proclamée partout. Les gens se sentirent alors rassurés, tout en craignant la traîtrise (16), comme cela s’était produit avec les habitants d’Alep. Pendant ce temps, la citadelle restait hors de leur portée, bien protégée, et ses hauteurs étaient équipées de catapultes dans cette situation-même.