Son père prétendait être l’un des disciples d’al-Fakhr al-Râzî, Ibn Khatîb al-Ray, l’auteur de nombreux ouvrages.
Puis arriva l’an six cent cinquante-huit (658) de l’Hégire, qui commença un jeudi, alors qu’il n’y avait pas de calife. Le règne sur les deux Irak, le Khorasan et d’autres régions orientales appartenait alors au sultan Hûlâkû Khân, fils de Tûlî fils de Gengis Khân, roi des Tatars. Le souverain de la terre d’Égypte était le roi al-Muzaffar Sayf ad-Dîn Qutuz, esclave de l’al-Mu‘izz Aybak le Turkmène. Quant au souverain de Damas et d’Alep, il s’agissait d’al-Nâsir, fils d’al-‘Azîz, fils d’al-Zâhir (Ghâzî, fils d’al-Nâsir, conquérant de Jérusalem). Les territoires d’al-Karak et de Shawbak relevaient du roi al-Mughîth, fils d’al-‘Âdil, fils d’al-Kâmil Muhammad, fils d’al-‘Âdil Abû Bakr ibn Ayyûb. Ce dernier menait la guerre, avec al-Nâsir, seigneur de Damas, contre les Égyptiens, épaulés par l’émir Rukn ad-Dîn Baybars al-Bunduqdârî. Ils avaient résolu de combattre les Égyptiens et de leur arracher l’Égypte, ainsi que la possession d’Alep et de Damas.
Tandis que les gens se trouvaient dans cette situation et que les nouvelles se multipliaient sur l’offensive des Tatars contre la Syrie, l’armée mongole accompagna son roi Hûlâkû Khân. Ils franchirent l’Euphrate sur des ponts qu’ils avaient construits et parvinrent à Alep le deuxième jour de Safar de cette année. Ils l’assiégèrent durant sept jours, puis la prirent en promettant la sécurité. Toutefois, ils trahirent la population, en tuant nombre d’entre eux — que Dieu seul connaît —, en pillant leurs biens et en s’emparant des femmes et des enfants. Ils leur firent subir un sort proche de celui que connurent les habitants de Bagdad.