Il fut enterré dans un cimetière sur le flanc du mont Qâsiyoun, auquel il est associé, à l’est de la tombe d’Abû ‘Umar al-Maqdisî (1). Elle est ornée et a bénéficié de soins [de la part de certains gens du commun qui avaient foi en lui ; ils l’ont décorée et ont disposé sur sa tombe des pierres gravées d’écritures, tout cela relevant des pratiques réprouvées] (2). Son décès eut lieu le sixième jour de Sha‘bân de cette année. On raconte que le shaykh Ibrâhîm ibn Sa‘îd Jî‘ânah (3) n’osait pas, selon ses dires, entrer dans la ville tant qu’al-Qamînî était vivant (4). Le jour même où mourut al-Qamînî, il y entra [depuis le quartier d’al-Shâghûr] ; les gens du commun l’accompagnaient en clamant et en criant : « Nous avons reçu la permission d’entrer dans la ville ! » — ils suivent tout appel sans être illuminés par la lumière du savoir. On demanda alors à Jî‘ânah : « Qu’est-ce qui t’empêchait d’entrer avant ce jour ? » Il répondit : « Chaque fois que je m’approchais d’une porte de la ville, je voyais ce lion couché devant, et je ne pouvais y pénétrer ; il habitait al-Shâghûr. » Mais tout cela n’est que mensonge, ruse, tromperie et artifice. Plus tard, Jî‘ânah fut enterré près de lui, dans la même tombe, au pied de la montagne, tandis que Dieu seul connaît la réalité de l’état de Ses serviteurs (5).
Quant à ash-Shams (6) ‘Alî ibn [al-Muẓaffar ibn al-Qâsim ar-Rab‘î] an-Nushbî (7) [ad-Dimachqî, l’équitable], spécialiste du ḥadith, il exerça la fonction de Muḥtasib (chargé de veiller à l’ordre public) pour le compte de aṣ-Ṣadr al-Bakrî [de son vivant] (8). Il étudia beaucoup par lui-même, il entendit et transmit des hadiths, et écrivit abondamment de sa propre main. Que Dieu lui fasse miséricorde.
Abû ‘Abd Allâh al-Fâsî (9), commentateur de la « ash-Shâṭibiyyah », fut connu sous ce surnom ; on dit que son nom était al-Qâsim (10).
(1) Édition : est-ce l’orientale d’al-Rāwāḥiyya ? C’est une erreur car al-Rāwāḥiyya est à côté de la grande mosquée omeyyade, loin de la mosquée du cheikh Muḥyī al-Dīn où est enterré al-Qumaynī. La version des autre auctoritaires est cependant retenue bien qu’elle présente en soi une certaine ambivalence, car la terre d’Abū ʿUmar se trouve à l’est de la mosquée du cheikh Muḥyī, et non l’inverse. Il se peut qu’il ait été d’abord enseveli dans un lieu propre à lui à l’est de la terre d’Abū ʿUmar, puis transféré à côté du maqām du cheikh Muḥyī al-Dīn.
(2) Le lieu entre les deux remparts, dans A et B : certains lui accordaient ce lieu.
(3) Dans A : « Le cheikh Ibrāhīm al-Jīʿāna ne craignait pas d’entrer ». Dans B : « Les Jīʿāna ne craignaient pas d’entrer ». La biographie des Jīʿāna sera donnée in shaʾ Allāh dans les morts de l’an 680 de ce tome.
(4) Dans A, B : il est vivant.
(5) Et ce qui se trouve entre les deux remparts dans A, B : al-Qawwām entra avec eux en criant et hurlant alors qu’ils étaient tous des disciples de tout crieur.
(6) Biographie – al-Shams al-Nashbī – dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (23/326), al-ʿIbar (5/233), al-Nujūm al-Zāhira (7/68), Shadharāt al-Dhahab (7/484-485) ; dans ces sources, il est indiqué qu’il est mort en 656.
(7) Le nisba « an-Nashbī » vient de Nashba, une branche de Taym al-Rabāb. (Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ)
(8) Aṣ-Ṣadr al-Bakrī est al-Ḥasan ibn Muḥammad ibn Muḥammad ibn Muḥammad ibn Muḥammad ibn ʿAmrūk, dont la descendance remonte à Abū Bakr as-Ṣiddīq - que Dieu soit satisfait de lui - ; il était responsable de la police à Damas et chef des Khawānk. Il mourut le 11/6/656/12 H tandis que an-Nashbī mourut, selon adh-Dhahabī, en 3/656 H. (Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ 23/326-328).
(9) Biographie - Abū ʿAbd Allāh al-Fāsī - en postface des Rawḍatayn (p. 199) ; dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (23/361), al-ʿIbar (5/235), al-Wāfī bil-Wafayāt (20/354), al-Jawāhir al-Muḍiyya (2/45-46), Ghāyat an-Nihāya (2/122-123), al-Nujūm al-Zāhira (7/69), Shadharāt al-Dhahab (7/490).
(10) Dans la sīra et Shadharāt, son nom est : Jamāl ad-Dīn Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Ḥassan ibn Muḥammad ibn Yūsuf al-Fāsī.