L’umayyade (1)
Il exerça la supervision de la mosquée pendant un certain temps et y réalisa de nombreuses améliorations, dont l’aménagement du marché des chaudronniers au sud de la mosquée. Il transféra également les orfèvres à l’emplacement qu’ils occupent aujourd’hui, alors qu’auparavant ils se trouvaient dans l’ancienne ruelle des orfèvres. En outre, il rénova les échoppes situées entre les colonnes de l’extension, et fit fructifier considérablement les biens de la mosquée. Ses aumônes furent nombreuses. On rapporte de lui qu’il connaissait l’art de l’alchimie et qu’il aurait réussi à fabriquer de l’argent. Pour ma part, j’estime que ces assertions ne sont ni exactes ni valables à son sujet. Dieu sait mieux.
Le cheikh Youssef (2) al-Aqmînî (3)
On l’appelait « al-Aqmînî » parce qu’il habitait le « qamîn » du hammam de Nūr al-Dīn le Martyr. Il portait des habits très longs qui traînaient sur le sol, et il urinait dans ses vêtements. Il gardait la tête découverte (5). On prétendait qu’il possédait de multiples « états » spirituels et des « révélations » intérieures (6). Un grand nombre de gens du commun, et d’autres encore, le considéraient comme un homme pieux et un saint.
[La raison en est qu’ils ne connaissent ni les conditions de la sainteté ni celles de la piété. Ils ignorent aussi que les révélations (kashf) peuvent émaner tant de l’homme vertueux que du pécheur, du croyant comme du mécréant, tels les moines et autres, ou encore l’Antéchrist (al-Dajjâl) et Ibn Sayyâd. En effet, les djinns interceptent ce qu’ils entendent et viennent le souffler à l’oreille de l’homme, en particulier s’il est fou ou si ses vêtements ne sont pas indemnes d’impureté (7).]
Il est donc nécessaire d’évaluer la situation spirituelle de l’individu à l’aune du Livre (le Coran) et de la Sunna. Celui dont l’état concorde avec le Livre de Dieu et la Sunna de Son Messager est un homme pieux, qu’il fasse montre ou non de révélations. Celui qui n’y souscrit pas n’est pas un homme pieux, qu’il fasse montre ou non de révélations (8). Al-Shâfi‘î – que Dieu lui fasse miséricorde – a dit : « Même si vous voyez un homme marcher sur l’eau ou voler dans les airs, ne vous y fiez pas avant d’avoir confronté sa conduite au Livre et à la Sunna. » Lorsqu’il mourut (9)