L’absence de la plupart des émirs, qu’ils fussent parmi les Mamelouks de son père ou autres, occupés à la chasse, lui permit, une fois qu’il le captura, de l’envoyer (1) avec sa mère, ses deux fils et ses frères vers les contrées d’al-Achkari (2). Puis il se proclama sultan et se nomma al-Malik al-Muzaffar. Cela releva de la miséricorde de Dieu envers les musulmans, car Dieu fit que la défaite des Tatars (3) se produisit par son intermédiaire, comme nous l’exposerons, si Dieu le veut. On reconnut ensuite la validité de l’excuse (4) qu’il avait présentée aux juristes, aux juges et à Ibn al-‘Adim, lorsqu’il affirma : « Les gens ont besoin d’un sultan puissant qui puisse combattre l’ennemi des musulmans. Or, cet enfant est trop jeune pour savoir administrer le royaume. »
La même année, le roi an-Nâsir, seigneur de Damas, sortit vers Wata’ Barza (5) à la tête de nombreuses phalanges de l’armée, de volontaires (6), de bédouins et d’autres encore. Lorsqu’on constata leur faiblesse face aux Mongols, cette troupe se dispersa, et ni lui ni eux ne poursuivirent la route. Nous sommes à Dieu et c’est à Lui que nous retournons.
La même année, parmi les notables (8) qui décédèrent se trouvait le fondateur de la « Sadria », [le ra’îs] (9) Sadr ad-Dîn As‘ad ibn al-Munajja ibn Barakât ibn Mu’ammal, at-Tanûkhî al-Maghribî, puis de Damas, hanbalite, l’un de ceux reconnus pour leur intégrité, possédant richesses, prestance et pratiquant de nombreuses aumônes bienfaisantes. Il fonda (11) une école pour les hanbalites, et il fut inhumé en son enceinte, près de la tombe du « qâdî al-misrî » (12), au bout de Darb ar-Rayhân, dans la même zone.