Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

On le surnomma alors « al-Mansûr ». Le tyran Hûlâkû Khân (1) envoya une convocation au roi an-Nâṣir, souverain (2) de Damas (3), l’appelant à se présenter devant lui. En réponse, an-Nâṣir dépêcha son fils al-ʿAzîz, encore enfant, accompagné de nombreux présents et objets précieux. Cependant, Hûlâkû Khân ne lui porta aucune attention et se mit en colère contre le père, coupable à ses yeux de ne pas être venu en personne. Il retint alors l’enfant et déclara : « Je me rendrai moi-même dans son pays. » An-Nâṣir fut vivement alarmé et expédia son harem et sa famille à al-Karak pour les y protéger. Les habitants de Damas, quant à eux, prirent peur – surtout lorsque la nouvelle leur parvint que les Tatars avaient franchi l’Euphrate. Beaucoup s’enfuirent en Égypte pendant l’hiver ; nombre d’entre eux périrent en chemin et furent pillés. « À Dieu nous appartenons et à Lui nous retournons. »

Hûlâkû Khân s’avança alors et marcha avec ses troupes et ses armées vers la Syrie (7). La cité de Mayyâfâriqîn (8) résista un an et demi. Il y envoya ensuite son fils Ashmûṭ, qui s’en empara de force et fit déposer son souverain al-Kâmil, fils d’ash-Shihâb Ghâzî ibn al-ʿÂdil (9). Celui-ci fut expédié à Hûlâkû Khân, alors en train d’assiéger Alep, qui le fit exécuter sous ses yeux. Puis on confia l’administration de la ville à l’un des Mamelouks d’al-Ashraf. La tête d’al-Kâmil fut promenée à travers le pays, puis portée à Damas et exposée à la porte de Bâb al-Farâdîs al-Barrânî. Elle fut ensuite enterrée dans la « Mosquée de la Tête », à l’intérieur de Bâb al-Farâdîs al-Juwwânî (10). Abû Shâma (11) composa à ce sujet une poésie où il célébra ses mérites et sa lutte, le comparant à al-Ḥusayn, lui aussi tué injustement, et dont la tête fut inhumée à proximité de la sienne (12).

Cette année-là, le khwâja (maître) Naṣîr al-Dîn al-Ṭûsî (13) entreprit la construction de l’observatoire dans la ville de Marâgha (14), et y fit acheminer de nombreuses choses

(1) B : Al-Qāʾim. (2) Dans A : Qān. Ce terme n'apparaît pas dans B. (3) A, B : À Damas. (4) A, B : Holāku et la colère. (5) A, B : Lorsque. (6) A, B : Ainsi, beaucoup d'entre eux se rendirent en Égypte durant l'hiver, nombreux y moururent et d'autres furent pillés. (7) A, B : Puis ils se dirigèrent vers la région du Levant. (8) A, B : Mīāfarqīn avait résisté aux Tatars. (9) A, B : Il la conquit par la force et fit descendre son roi. (10) Présent uniquement dans la copie t. (11) « Dhayl al-Rawḍatayn » (205) et le poème est : [Extrait du poème al-Khafīf] « Le fils d'un guerrier a combattu et lutté dans … des tribus qui se sont imposées dans les deux Orientaux. Il n'a pas cessé de contempler la tête de celui-ci … Il a sa comparaison avec la tête de Ḥusayn. Il a rejoint le petit-fils dans le martyre et la souffrance … Il a certainement obtenu sa récompense deux fois. Puis ils l'ont enseveli à l'emplacement de cette tête … Et ils furent étonnés des deux situations. Ils espéraient qu'il vivrait auprès du envoyé … Le compagnon de Ḥusayn dans les deux beautés. » (12) A, B : Et ils l'ont enterré auprès de lui. (13) Il s'agit de Muḥammad ibn ʿAbd Allāh al-Naṣīr al-Ṭūsī. Sa biographie sera présentée dans les « Wafayāt » de l'année 672 de ce volume, si Dieu le veut. (14) Une des villes d'Azerbaïdjan. (Muʿjam al-Buldān, 5/93).
ولقَّبوه بالمنصور، وقد أرسل الملك الغاشم هولاكوخان (١) إلى الملك الناصر صاحب (٢) دمشق] (٣) يستدعيه إليه، فأرسل إليه ولده العزيزُ وهو صغيرٌ ومعه هدايا كثيرةٌ وتحفٌ، فلم يحتفل به هولاكوخان بل غضب (٤) على أبيه إذ لم يقبل إليه، وأخذ ابنه وقال: أنا أسيرُ إلى بلاده بنفسي، فانزعج الناصرُ لذلك، وبعث بحريمه وأهله إلى الكرك ليحصّنهم بها وخاف أهلُ دمشق خوفًا شديدًا، [ولا سيما لمَّا] (٥) بلغهم أنَّ التتار قد قطعوا الفرات، سافر كثير منهم إلى مصر في زمن الشتاء، فمات ناس كثير منهم ونهبوا (٦) ، فإنا لله وإنَّا إليه راجعون. وأقبل هولاكوخان فقصد الشام (٧) بجنوده وعساكره، وقد امتنعت عليها ميافارقين (٨) مدة سنة ونصف، فأرسل إليها ولده أشموط فافتتحها قسرًا وأنزل ملكها (٩) الكامل ابن الشهاب غازي بن العادل فأرسله إلى أبيه وهو محاصرٌ حلب فقتله بين يديه، واستناب عليها بعض مماليك الأشرف، وطيف برأس الكامل في البلاد، ودخلوا برأسه إلى دمشق، فنُصب على باب الفراديس البرَّاني، ثم دفن بمسجد الرأس [داخل باب الفراديس الجُوَّاني] (١٠) ، فنظَمَ أبو شامة (١١) في ذلك قصيدةً يذكر فيها فضلَه وجهادَه، وشبَّهه بالحسين في قتله مظلومًا ودُفِنَ رأسُه عند رأسِه (١٢) . وفيها: عمل الخواجة نصير الدين الطُّوسي (١٣) الرَّصْد بمدينة مراغة (١٤) ، ونقل إليه شيئًا كثيرًا من
(١) ب: القائم. (٢) في أ: قان. وليست اللفظة في ب. (٣) أ، ب: بدمشق. (٤) أ، ب: هولاكو وغضب. (٥) أ، ب: حين. (٦) أ، ب: فصار كثير منهم إلى الديار المصرية في زمن الشتاء ومات كثير منهم ونهب آخرون. (٧) أ، ب: فقصد نحو الشام. (٨) أ، ب: وقد كان ميافارقين امتنعت على التتار. (٩) أ، ب: ففتحها قسرًا واستنزل ملكها. (١٠) عن ط وحدها. (١١) ذيل الروضتين (٢٠٥) والقصيدة هي: [من الخفيف] ابنُ غازٍ غزا وجاهد في الـ … ــله قومًا أثخنوا في المشرقَيْنِ لم يَشِنْهُ أنْ طِيفَ بالرأس منه … فله أسوةٌ برأس الحسينِ وافق السبطَ في الشهادة والحمـ … ــل لقد حاز أجره مَرَّتَيْنِ ثم واروا في مشهد الرأس ذاك الـ … ـــرأس فاستعجبوا من الحالتَينِ وارتجَوا أنه سيحيا لدى البعـ … ـــث رفيقَ الحسينِ في الحُسْنَيَيْنِ (١٢) أ، ب: ودفنه عنده. (١٣) هو محمد بن عبد الله. النصير الطوسي سترد ترجمته في وفيات سنة ٦٧٢ من هذا الجزء إن شاء الله. (١٤) من مدن أذربيجان. معجم البلدان (٥/ ٩٣).

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