Nous avons déjà mentionné sa biographie auparavant, et Dieu est plus savant.
Après la mort de son père, il régna un certain temps sur la ville de Damas et ses dépendances. Puis ses deux oncles, al-Kâmil et al-Achraf, s’allièrent (1) contre lui, la lui retirèrent et le dédommagèrent en lui octroyant Karak, as-Salt, ‘Ajlûn et Naplouse. Mais il perdit ensuite tout cela et se rendit en Irak, où il confia au calife al-Musta‘sim, en l’an quarante-sept, un dépôt d’une valeur de cent mille dinars (2). Le calife refusa de le lui restituer, malgré ses visites répétées et ses supplications par l’intermédiaire de diverses personnes. Il ne le lui rendit donc pas.
Au nombre des anecdotes dignes d’intérêt concernant an-Nâsir Dâwud, il y a celle de sa présence à la leçon dispensée à l’école al-Mustanṣiriyya, en l’an six cent trente-trois, en présence du calife. Le faqîh Wajîh ad-Dîn al-Fazârî (3) se leva alors et fit l’éloge du calife dans un poème dont il dit, entre autres :
[Du mètre al-kâmil]
« Si tu avais été présent le jour de la Saqîfa,
tu aurais été l’homme de premier rang et l’imam le plus pieux ». (4)
An-Nâsir Dâwud lui répondit : « Tu t’es trompé. En effet, l’ancêtre de l’Émir des croyants, al-‘Abbâs, était présent le jour de la Saqîfa et ne fut pas promu au premier rang, bien qu’il fût plus méritant que l’Émir des croyants. Celui qui fut porté au premier rang et désigné comme “l’imam le plus pieux” fut Abû Bakr aṣ-Ṣiddîq. » Le calife déclara alors : « Il dit vrai », lui remit un vêtement d’honneur et exila ce poète – qui n’était autre que Wajîh ad-Dîn al-Fazârî – en Égypte, où il enseigna dans l’école du vizir Ṣafî ad-Dîn Ibn Shukr.
An-Nâsir décéda au village d’al-Buwayḍâ, où il fut inhumé. Le souverain de Damas assista à ses funérailles (5).
Puis débuta l’année six cent cinquante-sept (7) : elle s’ouvrit alors que les musulmans n’avaient pas de calife, tandis que le sultan de Damas et d’Alep était al-Malik an-Nâṣir Ṣalâḥ ad-Dîn Yûsuf Ibn al-‘Azîz Muḥammad Ibn aẓ-Ẓâhir Ghâzî Ibn an-Nâṣir [Ṣalâḥ ad-Dîn] (6) [le conquérant de Jérusalem] (7). Un conflit l’opposait aux Égyptiens, qui avaient placé sur leur trône le fils de leur ancien maître, Nûr ad-Dîn ‘Alî Ibn al-Mu‘izz Aybak at-Turkmânî.