Il jouissait d’une grande considération et d’un immense prestige, et il fut investi de la fonction de « Cheikh des Cheikhs » à Bagdad (1), puisse Dieu lui accorder Sa miséricorde. Tous les rênes du pouvoir se rallièrent à lui (2). Par la suite, il fut égorgé au Palais califal, de la même façon qu’on égorge un mouton, aux mains des Tatars (3).
Quant au cheikh dévot (4) ‘Alî al-Khabbâz (5), il avait à Bagdad des compagnons et des disciples, ainsi qu’une zâwiya (retraite spirituelle) où l’on se rendait en visite. Les Tatars le mirent à mort, puis on jeta sa dépouille sur un tas d’ordures à la porte de sa zâwiya durant trois jours, au point que les chiens dévorèrent une partie de sa chair. On rapporte qu’il avait lui-même annoncé cette fin de son vivant, puisse Dieu lui accorder Sa miséricorde.
Muhammad ibn Ismâ‘îl (6) ibn Ahmad ibn Abî al-Fath Abû ‘Abd Allâh al-Maqdisî (7), prédicateur de Marda (8), a beaucoup entendu (et transmis) de savoir. Il vécut quatre-vingt-dix ans et arriva (9) en l’an cinquante-trois, où de nombreuses personnes recueillirent ses enseignements à Damas. Puis il repartit et mourut dans sa ville de Marda (10) au cours de cette même année, puisse Dieu lui accorder Sa miséricorde (11).
Al-Badr Lu’lu’ (12), seigneur de Mossoul, surnommé « al-Malik ar-Rahîm », mourut (13) au mois de Sha‘bân [cette année] à l’âge de cent ans (14). Il régna sur Mossoul pendant près de cinquante ans et se démarqua par son intelligence, sa ruse et sa perfidie. Il ne cessa de manigancer contre les fils de son maître jusqu’à les anéantir et mettre fin à la dynastie atabeg.
(1) Éd. Ṭ : Lorsque le califat fut attribué à lui pendant un certain temps, il fut élevé et honoré, ce qui lui conféra une certaine influence auprès de lui. Cette mention n’apparaît pas dans A et B.
(2) A, B : Ils ont été réunis chez lui. Cette mention n’existe pas dans Ṭ.
(3) A, B : Comme on égorge l’agneau cette année.
(4) Ṭ : Cheikh ʿAlī al-ʿĀbid al-Khabbāz, et dans B : Cheikh al-ʿĀbid ʿAbd al-Jabbār. Il s’agit d’une altération. Cette mention n’est pas dans A.
(5) Notice biographique – ʿAlī al-Khabbāz – dans Tārīkh al-Islām (14/833), Al-ʿIbr (5/233) et Shudhūr al-Dhahab (7/385).
(6) Notice biographique – Khaṭīb Mardā – dans Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (23/325-326), Tārīkh al-Islām (14/838), Al-Aʿlām bi-Wafayāt al-Aʿlām (274), Al-ʿIbr (5/235), Al-Wāfī bi-l-Wafayāt (2/219), Dhayl Ṭabaqāt al-Ḥanābila (2/267), Al-Nujūm al-Zāhira (7/69), Al-Maqṣad al-Arshad (2/378) et Shudhūr al-Dhahab (7/489-490).
(7) Dans A et B : ibn Aḥmad ibn Abī ʿAbd Allāh al-Maqdisī. Il y a une lacune ici. Dans toutes les sources biographiques, c’est ibn Abī al-Fatḥ.
(8) Dans Ṭ : (Barād), une altération. Mardā (à vocalisation courte) est un village proche de Naplouse. Voir Muʿjam al-Buldān (5/104).
(9) Dans Ṭ : « il naquit », ce qui est une erreur, car il naquit en 566 comme le rapportent ses sources. Il s’agit plutôt de sa visite à Damas en 653, donc trois ans avant sa mort.
(10) Dans Ṭ : Barādā ; c’est une altération déjà signalée et corrigée plus haut.
(11) Seule Ṭ rapporte cela.
(12) Notice biographique – al-Badr Luʾluʾ – dans Dhayl al-Rawḍatayn (203), Tārīkh al-Islām (14/864), Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (23/356-359), Al-ʿIbr (5/240), Mirʾāt al-Jinān (4/148), Al-Nujūm al-Zāhira (7/70), Shudhūr al-Dhahab (7/499-500). La date correcte de son décès est 657, conformément aux sources biographiques.
(13) A, B : Il est décédé.
(14) En marge de Ṭ : en Égypte, on dit : dans les quatre-vingts ans. Selon Bachār, c’est la version correcte.