Les habitants du Paradis : jamais la langue d’un peuple ne s’est inclinée devant « La ilaha illa Allah » (Il n’y a de dieu que Dieu) comme l’ont fait leurs langues, et jamais la nuque d’un peuple ne s’est soumise par la prosternation comme se sont soumises leurs nuques. Rapporté par Ibn ʿAsâkir (1).
Ibn ʿAsâkir (2) rapporta également, par l’intermédiaire de ʿAbd Allâh ibn Budayl al-ʿAqîlî, d’après ʿAbd Allâh ibn ʿAwsaja qui dit : Dieu révéla à Jésus fils de Marie : « Donne-moi en toi la place que prend ton plus grand souci, et fais de Moi ton trésor dans l’Au-delà. Approche-toi de Moi par les prières surérogatoires afin que Je t’aime. Ne te tourne pas vers un autre que Moi, de peur que Je ne t’abandonne. Fais preuve de patience dans l’épreuve, sois satisfait de Mon décret. Sois soucieux de ce qui Me réjouit en toi, car Ma joie est que l’on M’obéisse et qu’on ne Me désobéisse pas. Reste proche de Moi, fais vivre Mon invocation par ta langue, et que Mon amour demeure dans ton cœur. Réveille-toi durant les heures de négligence, exerce une subtile perspicacité et tiens-toi devant Moi dans la crainte et l’aspiration. Fais mourir ton cœur par la crainte que tu as de Moi. Consacre la nuit pour ce qui Me réjouit et assoiffe ton jour en prévision du jour où Je t’abreuverai. Concurrence-toi dans les bonnes actions autant que tu le peux, reconnais le bien partout où il se présente. Tiens-toi parmi les gens pour leur transmettre Mon exhortation, et juge Mes serviteurs avec équité, car J’ai fait descendre pour toi le remède contre les épanchements du cœur causés par l’oubli, ainsi que la clarté pour les yeux obscurcis par la lassitude. Ne sois pas tel un tapis (3), comme si tu te trouvais privé de mouvement alors que tu es vivant et respires.
Ô Jésus fils de Marie, jamais une créature n’a cru en Moi sans qu’elle ne s’humilie, et jamais elle ne s’humilie devant Moi sans qu’elle n’espère Ma récompense. Je te rends témoin qu’elle sera à l’abri de Mon châtiment tant qu’elle ne modifie pas et ne remplace pas Ma tradition. Ô Jésus fils de Marie, ô vierge immaculée, pleure sur toi-même durant ta vie, comme celui qui fait ses adieux aux siens, qui se détourne du monde, abandonne ses plaisirs à ceux qui les désirent, et dont l’aspiration s’élève vers ce que détient son Seigneur. Dans cela, adoucis ta parole et propage la salutation de paix.
Sois vigilant quand les yeux des justes s’endorment, par crainte de ce qui surviendra au Jour du Retour et des terribles secousses des épreuves, avant qu’aucune famille ni aucune richesse ne puisse être d’aucune aide. Applique à tes yeux la “poudre” (4) du chagrin quand les insouciants rient, et sois-en patient, en comptant sur la récompense. Heureux seras-tu si tu reçois ce que J’ai promis à ceux qui patientent. Éloigne-toi de ce bas monde par Dieu (5), jour après jour, et goûte-en la saveur : ce dont tu t’es détourné, quel en fut le goût ? Et ce qui ne t’est pas encore parvenu, quelle en serait la douceur ? Contente-toi de la subsistance minimale (6), et suffis-toi du plus rudimentaire (7), car tu as vu toi-même à quoi tout cela mène. Agis avec discernement, car tu seras interrogé à ce sujet. Et si tes yeux voyaient ce que J’ai préparé pour Mes serviteurs pieux, ton cœur fondrait et ton âme quitterait ton corps.
Abû Dâwud dit dans son livre « al-Qadr » (9) : « Nous raconta Muhammad ibn Yahyâ ibn Fâris, qui rapporta d’Abd al-Razzâq, lequel rapporta… »