Le calife de l’époque, l’Imam (1) al-Muʿtaḍid (2)… et le temps peine à lui trouver un égal : par la beauté de ses mœurs, la solidité de ses croyances et l’éclat de ses vertus. Comment s’en étonner, alors qu’il provient de cette noble lignée (3) qui a régné avec excellence sur les contrées et leurs habitants (4), emplissant les territoires d’un gouvernement juste et équitable ? Ils sont les fils du cousin de l’Élu, notre maître Muḥammad, le meilleur de la création sans nul doute. Que Dieu, le Digne de majesté, prie sur lui tant que s’écoulent les jours et les nuits.
[Section]
Quant aux Fāṭimides, ils étaient en petit nombre, mais leur durée fut prolongée. Ils régnèrent soixante et quelques années, après deux cents autres, et cela parut n’être qu’une seule année (5). Leur nombre est de quatorze : al-Mahdī, al-Qāʾim, al-Manṣūr ainsi que “al-Maʿadd” (6) – j’entends par là al-Muʿizz, fondateur du Caire –, puis al-ʿAzīz, al-Ḥākim “al-kawāfirah”, al-Ẓāhir, al-Mustanṣir, al-Mustaʿlī, al-Āmir, al-Ḥāfiẓ – que Dieu nous préserve de ses mauvaises actions –, ensuite al-Ẓāfir, al-Fāʾiz et enfin al-ʿĀḍid, leur dernier, ce que nul ne nie. Ils furent anéantis après ces soixante et quelques années, et ce quelque cinq cents ans plus tôt. J’ai noté l’âge au-dessus du nom et la durée de leur dynastie sous l’inscription (8).
= b - Abû al-ʿAbbâs Aḥmad al-Ḥâkim II ibn al-Mustakfî prit le pouvoir le 21 Dhu al-Ḥijja de l’année 740 de l’Hégire.
(1) En a : calife à l’époque al-Muʿtaḍid. Il y a une omission, et en t : puis il succéda à notre époque al-Muʿtaḍid.
(2) Il y a deux Muʿtaḍid.
- Le premier, al-Muʿtaḍid ibn al-Mustakfî, prit le califat en Jumādā al-Ākhira de l’année 753.
- Le deuxième, al-Muʿtaḍid ibn al-Mutawakkil, prit le califat le 16 Dhu al-Ḥijja de l’année 816.
Entre eux et après eux, d’autres califes furent mentionnés par Zambaur (pp. 4 et 5), dont le dernier fut al-Mutawakkil III qui prit le califat en 923.
(3) En a : de la première section.
(4) En a et b : ils dominèrent les serviteurs et les terres en faveur.
(5) La version b pour la deuxième moitié : « après des années et c’était comme une année », et la version t : « après lui deux cents [années] et c’était comme une année ». La première altère le sens, la seconde perturbe la métrique.
(6) Au-dessus de ce terme en a : (30), de même au-dessus de nombreux de ses termes, sans que j'aie trouvé l’explication.
(7) La métrique ne se tient pas. Si l’on disait : « alors le commandant protège du mauvais acte », la métrique serait correcte.
(8) Le poème s’achève dans t ainsi :
« Et leur origine est juive, ils ne sont pas nobles …
À ce sujet, les nobles imams ont émis la fatwa
Des partisans de la religion de Dieu issus de cette communauté ».