Les incisives visibles, la barbiche apparente (1), son cou semblable à un pichet d’argent, comme si l’or ruisselait dans (2) ses clavicules. De sa base du cou (3) jusqu’à son nombril, il porte quelques poils formant un fin trait, sans autre pilosité sur le ventre ou la poitrine. Ses paumes et ses pieds étaient robustes (4). Lorsqu’il se retournait, il le faisait entièrement, et quand il marchait, on aurait dit qu’il se détachait d’un rocher pour dévaler une pente (5). Son visage perlait de sueur, comme la perle, et un parfum de musc en émanait. Jamais personne ne lui fut semblable, ni avant lui ni après lui. Il était de belle stature, dégageait une odeur agréable, s’unissait aux femmes, mais avait peu de descendance. Seule une femme bénie lui donna une postérité. Elle possède une demeure – c’est-à-dire au paradis – faite de roseaux précieux, où il n’y a ni fatigue ni vacarme (6). C’est toi, ô ‘Îsâ, qui le prendras en charge à la fin des temps, tout comme Zacharie prit soin de ta mère. Il aura d’elle deux fils qui mourront en martyrs. Il jouit auprès de Moi d’un rang que nul autre humain ne partage. Sa parole est le Coran, sa religion est l’islam, et Moi, Je suis la Paix. Heureux celui qui vivra à son époque, sera témoin de ses jours et entendra ses propos (7).
(8) ‘Îsâ dit : « Ô Seigneur, et qu’est Tûbâ ? » Il répondit : « C’est le plant d’un arbre (9) que J’ai planté de Ma Main. Il orne tous les jardins. Sa racine provient de la satisfaction divine, son eau vient de Tasnîm, sa fraîcheur est celle du camphre, son goût celui du gingembre, et son parfum celui du musc. Quiconque en boit (10) ne connaîtra plus jamais la soif. »
‘Îsâ dit : « Ô Seigneur, abreuve-m’en. » Il répondit : « Il est interdit aux prophètes d’en boire avant que ce Prophète n’en ait bu, et interdit aux communautés d’y goûter avant que la communauté de ce Prophète n’y ait goûté. » Il poursuivit : « Ô ‘Îsâ, Je vais t’élever à Moi. » ‘Îsâ demanda : « Seigneur, pourquoi m’élèves-Tu ? » Il dit : « Je t’élèverai, puis Je te ferai redescendre à la fin des temps pour que tu voies les prodiges de la communauté de ce Prophète et que tu les soutiennes dans leur combat contre l’imposteur maudit, le Dajjâl. Je te ferai descendre au moment d’une prière, mais tu ne la dirigeras pas, car c’est une communauté (11) qui a reçu la miséricorde, et il n’y aura plus de prophète après le leur. »
Hishâm ibn ‘Ammâr a rapporté, d’après Al-Walîd ibn Muslim, d’après ‘Abd Ar-Rahmân ibn Yazîd, d’après son père : ‘Îsâ dit : « Ô Seigneur, informe-moi au sujet de cette communauté bénéficiaire de Ta miséricorde. » Il répondit : « C’est la communauté d’Ahmed. Ce sont des savants et des sages, comme s’ils étaient prophètes. Ils se contentent de peu de Mon offrande et Je Me satisfais de leur modeste œuvre, et Je les fais entrer au paradis pour “Lâ ilâha illâ Allâh”. Ô ‘Îsâ, ils sont plus nombreux… »