Al-ʿĀḍid (en l’an cinq cent soixante-quelque) est mentionné ici, et il est étonnant de constater que le califat prophétique, postérieur à l’époque du Messager de Dieu (que la paix et la bénédiction de Dieu soient sur lui), a duré trente ans, comme l’affirme le hadith authentique(1). En effet, cette période inclut Abou Bakr, puis ʿOmar, puis ʿOthmân, puis ʿAlî, puis son fils al-Ḥasan ibn ʿAlî pendant six mois, jusqu’à parvenir aux trente ans, comme nous l’avons établi dans « Dalāʾil an-Nubuwa » (Preuves de la prophétie).
Ensuite, ce fut le passage à la royauté. Les premiers rois de l’islam furent issus des Banû Abî Sufyân : Muʿâwiya ibn Abî Sufyân (Ṣakhr ibn Ḥarb ibn Umayya), puis son fils Yazîd, puis le fils de ce dernier, Muʿâwiya ibn Yazîd ibn Muʿâwiya. Cette branche, inaugurée par Muʿâwiya et clôturée également par un Muʿâwiya, disparut. Vint ensuite le règne de Marwân ibn al-Ḥakam ibn Abî al-ʿĀṣ ibn Umayya ibn ʿAbd Shams ibn ʿAbd Manâf ibn Quṣayy, puis de son fils ʿAbd al-Malik, suivi d’al-Walîd ibn ʿAbd al-Malik, puis de son frère Sulaymân, puis de leur cousin ʿUmar ibn ʿAbd al-ʿAzîz, puis de Yazîd ibn ʿAbd al-Malik, puis de Hishâm ibn ʿAbd al-Malik, puis d’al-Walîd ibn Yazîd, puis de Yazîd ibn al-Walîd (dit « an-Nâqiṣ », l’Incomplet), puis de son frère Ibrâhîm, également fils d’al-Walîd, avant que le pouvoir n’échoie finalement à Marwân ibn Muḥammad ibn Marwân, surnommé « al-Ḥimâr » (l’Âne), qui fut le dernier de cette lignée.
(2) Ainsi, le premier de leurs souverains portait le nom de Marwân et le dernier également, Marwân, (3) avant qu’ils ne s’éteignent tous, du premier au dernier. Le premier calife abbasside fut as-Saffâḥ, dont le nom était ʿAbd Allâh, et le dernier fut al-Mustaʿṣim, également nommé ʿAbd Allâh(4). De même, le premier des califes fâṭimides se nommait ʿAbd Allâh al-Mahdî(5), et le dernier fut ʿAbd Allâh al-ʿĀḍid. Il s’agit là d’une très étrange coïncidence, que peu remarquent. Dieu, exalté soit-Il, le sait mieux.
Voici maintenant une urjûza (poème en vers de mètre rajaz), composée par l’un des savants, où il mentionne tous les califes :
[Vers en rajaz]
« Louange à Dieu dont le Trône est majestueux ;
Le Dominateur, l’Unique, dont la force s’exerce avec rigueur !
Il fait alterner les jours et les époques ;
Il rassemble toute l’humanité pour la Résurrection.
Ensuite, que la prière demeure à jamais
Sur le Prophète élu, Muḥammad,
Sur sa famille et ses nobles Compagnons,
Ces maîtres, ces Imams éminents !
Après quoi (6), voici une urjûza
Que j’ai composée, à la fois concise et agréable.
J’y ai cité les califes bien-guidés,
Ceux qui ont gouverné après le Prophète choisi (7),
Ainsi que ceux qui leur ont succédé, et ainsi de suite.
Je l’ai rédigée pour servir de rappel et de leçon ;
Que toute personne douée de raison et de clairvoyance
Témoigne de la manière dont les événements se sont déroulés. »