Al-Rachîd Abû Muḥammad Hârûn ibn al-Mahdî Abû ‘Abd Allâh Muḥammad ibn al-Manṣûr Abû Ja‘far ‘Abd Allâh ibn Muḥammad ibn ‘Alî ibn ‘Abd Allâh ibn al-‘Abbâs ibn ‘Abd al-Muṭṭalib ibn Hâchim al-Hâchimî al-‘Abbâsî. (1)
Il naquit l’an neuf et six cents, et l’on prêta serment pour son califat le vingtième jour de Jumâdâ al-Ûlâ de l’an quarante. Il fut mis à mort le mercredi quatorzième de Ṣafar de l’an cinquante-six et six cents, et il en résulta que son âge, le jour où il fut tué, était de quarante-sept ans — qu’Allâh lui fasse miséricorde.
Il était beau de visage, bon de nature et sain de croyance (2). Il suivait l’exemple de son père al-Mustanṣir dans son sens de la justice, l’abondance de ses aumônes et l’honneur qu’il rendait aux savants et aux dévots.
Le ḥâfiẓ Ibn al-Najjâr (3) obtint pour lui une autorisation (ijâza) de la part de plusieurs maîtres du Khorassan, parmi lesquels al-Mu’ayyad aṭ-Ṭûsî (4), Abû Rûḥ ‘Abd al-‘Azîz ibn Muḥammad al-Harawî (5), Abû Bakr al-Qâsim ibn ‘Abd Allâh ibn aṣ-Ṣaffâr (6) et d’autres encore. Un groupe de personnes, dont son précepteur, le « shaykh des shuyûkh » Ṣadr ad-Dîn Abû al-Ḥasan ‘Alî ibn Muḥammad ibn an-Nayyâr (7), rapportèrent (ḥaddatha) de sa part. De même, il accorda lui-même une ijâza à l’imam Muḥyî ad-Dîn ibn al-Jawzî (8) et au shaykh Najm ad-Dîn al-Bâdarâ’î (9), et ils transmirent tous deux à partir de cette autorisation.
Il (qu’Allâh lui fasse miséricorde) était sunnite, selon la voie des Salaf et la croyance de la communauté, tout comme son père et son grand-père. Mais (10) il se montrait parfois trop conciliant et manquait de vigilance, tout en étant attiré par l’argent et son accumulation. Ainsi, il s’appropria le dépôt que lui avait confié an-Nâṣir Dâwûd ibn al-Mu‘aẓẓam, dont la valeur se situait autour de cent mille dinars. Cela fut jugé blâmable pour un calife et le serait encore davantage chez tout autre individu. En vérité, « il en est parmi les Gens du Livre qui, si tu leur confies un quintar, te le rendront; et il en est parmi eux qui, si tu leur confies un dinar, ne te le rendront que si tu ne cesses de réclamer » [sourate Âl ‘Imrân, verset 75].
Les Tatars le tuèrent injustement et sous l’oppression un mercredi, le quatorzième jour de Ṣafar de cette même année. Il avait alors quarante-six ans et quatre mois. La durée de son califat atteignit quinze années, huit mois et quelques jours. Qu’Allâh lui fasse miséricorde et lui accorde Sa grâce.