Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

L’autre était également un éminent érudit et homme vertueux. Ils moururent tous deux durant cette année– que Dieu leur fasse miséricorde (1).

[Puis débuta l’année six cinquante-six et six cents (656).]
Au cours de celle-ci, les Tatars s’emparèrent de Bagdad et massacrèrent la plupart de ses habitants, y compris le calife, mettant ainsi un terme au pouvoir des Banû al-‘Abbâs sur cette ville.

Le début de cette année vit les armées tatars assiéger Bagdad, accompagnées des deux émirs placés à l’avant-garde des troupes du sultan des Tatars, Hûlâgû Khân (2). Le souverain de Mossoul leur envoya des renforts pour soutenir l’attaque contre les Bagdadis, ainsi que des provisions, des présents et des cadeaux. Il ne cherchait qu’à se protéger lui-même contre les Tatars et à les courtiser– qu’Allah les enlaidisse (3). La ville de Bagdad fut fortifiée et équipée de catapultes, de trébuchets et d’autres engins (4) de défense, qui cependant ne pouvaient rien repousser du destin décrété par Dieu (5). Comme le relate la tradition : « La prudence n’éloigne jamais le destin » (6), et Dieu le Très-Haut dit : « En vérité, lorsque vient le terme fixé par Dieu, il ne se retarde pas » (Coran 71:4).

Dieu dit aussi : « En vérité, Dieu ne modifie pas l’état d’un peuple tant qu’ils ne modifient pas ce qui est en eux-mêmes. Et quand Dieu veut un mal à un peuple, nul ne peut le repousser, et ils n’ont en dehors de Lui aucun protecteur » (Coran 13:11).

Les Tatars encerclèrent la demeure du calife, la criblant de flèches de toutes parts, jusqu’à ce qu’une des flèches atteigne une esclave qui se trouvait parmi les favorites (7) du calife. Elle s’appelait ‘Arafa, une métisse qui dansait devant lui pour le divertir. Cette flèche la tua alors qu’elle dansait devant le calife. Bouleversé et pris d’une grande frayeur, celui-ci fit apporter la flèche qui l’avait atteinte. Il y lut ces mots : « Lorsqu’Il veut accomplir Son décret et Sa destinée, Il prive de raison ceux qu’Il veut perdre. »

Le calife ordonna alors d’augmenter les mesures de précaution et fit installer davantage de tentures protectrices autour de sa demeure. Ce fut à ce moment-là que Hûlâgû Khân arriva avec toutes ses troupes – près de deux cents mille combattants (8) – devant Bagdad, le douzième jour de Muḥarram de cette même année. Il éprouvait une violente rancune contre le calife à cause de ce qui s’était passé auparavant, selon le décret divin qu’Il avait voulu, jugé et exécuté.

= Et le plus réussi des deux est celui qui a une meilleure croyance, car la puissance appartient aux Muʿtazila, que Dieu nous en préserve. Siyar Aʿlām al-Nubalāʾ (23/275). (1) Après cette biographie dans A et B : les traductions de al-Mushadd al-Shaʿir et Bashshāra al-Armanī. (2) A et B : Hūlāqāqān. (3) Ce qui est entre les parenthèses est uniquement dans la version Ṭ. (4) A : al-ālāt (les instruments). (5) A : Rien ne repousse la mesure de Dieu. (6) Rapporté par Aḥmad dans le Musnad n° (5/234), et par al-Ṭabarānī dans al-Duʿāʾ (32) et dans al-Kabīr (20/201), sa chaîne de transmission est faible dans le hadith de Muʿādh en isnādb et le rapporte al-Bazzār (comme dans Kashf al-Astār 2165), al-Ṭabarānī dans al-Duʿāʾ (33) et al-Ḥākim dans al-Mustadrak (1/492) d’après ʿĀ’isha en isnādb, dont la chaîne est faible (Bashshār). (7) A, B : al-khaṭāyā (les péchés). (8) A, B : Ils étaient environ deux cents.
الآخر فاضلًا بارعًا أيضًا، وقد ماتا في هذه السنة رحمهما الله تعالى (١) . [ثم دخلت سنة ست وخمسين وستمئة] فيها أخذت التتار بغداد وقتلوا أكثر أهلها حتى الخليفة، وانقضت دولة بني العباس منها. استهلت هذه السنة وجنود التتار فد نازلت بغداد صحبة الأميرين اللَّذين على مقدمة عساكر سلطان التتار، هولاكوخان (٢) ، وجاءت [إليهم أمداد صاحب الموصل يساعدونهم على البغاددة وميرته وهداياه وتحفه، وكل ذلك خوفًا على نفسه من التتار، ومصانعة لهم قبحهم الله تعالى] (٣) ، وقد سترت بغداد ونصبت فيها المجانيق والعرادات وغيرها من آلات (٤) الممانعة التي لا ترد من قدر الله (٥) (سبحانه وتعالى) شيئًا، كما ورد في الأثر "لن يغني حذر عن قدر" (٦) كما قال تعالى: ﴿إِنَّ أَجَلَ اللَّهِ إِذَا جَاءَ لَا يُؤَخَّرُ﴾ [نوح: ٤] . وقال تعالى: ﴿إِنَّ اللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ حَتَّى يُغَيِّرُوا مَا بِأَنْفُسِهِمْ وَإِذَا أَرَادَ اللَّهُ بِقَوْمٍ سُوءًا فَلَا مَرَدَّ لَهُ وَمَا لَهُمْ مِنْ دُونِهِ مِنْ وَالٍ﴾ [الرعد: ١١] وأحاطت التتار بدار الخلافة يرشقونها بالنبال من كل جانب حتى أصيبت جارية كانت تلعب بين يدي الخليفة وتضحكه، وكانت من جملة حظاياه (٧) ، وكانت مولَّدة تُسمَّى عرفة، جاءها سهمٌ من بعض الشبابيك فقتلها وهي ترقصُ بين يدي الخليفة، فانزعج الخليفةُ من ذلك وفزع فزعًا شديدًا، وأحضر السهم الذي أصابها بين يَدَيْه فإذا عليه مكتوب إذا أراد إنفاذَ قضائه وقدره أذهب من ذوي العقول عقولَهم، فأمر الخليفة عند ذلك بزيادة الاحتراز، وكثرت الستائر على دار الخلافة - وكان قدوم هلاكوخان بجنوده كلها، وكانوا نحو مئتي (٨) ألف مقاتل - إلى بغداد في ثاني عشر المحرم من هذه السنة، وهو شديد الحنق على الخليفة بسبب ما كان تقدّم من الأمر الذي قدره الله وقضاه وأنفذه وأمضاه، وهو أن
= والموفق أحسنهما عقيدة، فإن العزّ معتزلي أجارنا الله. سير أعلام النبلاء (٢٣/ ٢٧٥). (١) بعد هذه الترجمة في أ، ب: ترجمتا المشد الشاعر وبشارة الأرمني. (٢) أ، ب: هولاكوقان. (٣) ما بين الحاصرتين عن ط وحدها. (٤) أ: الآلات. (٥) أ: لا ترد من قدر الله شيئًا. (٦) رواه أحمد في المسند رقم (٥/ ٢٣٤) والطبراني في الدعاء (٣٢) وفي الكبير (٢٠/ ٢٠١) وإسناده ضعيف من حديث معاذ مرفوعًا ورواه البزار (كما في كشف الأستار ٢١٦٥) والطبراني في الدعاء (٣٣) والحاكم في المستدرك (١/ ٤٩٢) من حديث عائشة مرفوعًا وإسناده ضعيف (بشار). (٧) أ، ب: الخطايا. (٨) أ، ب: وكانوا نحوًا من مئتي.

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