Exposition de la révélation des quatre Livres et de leurs moments :
(1)
Abou Zur‘a ad-Dimachqi a rapporté : « ‘Abdallah ibn Salih nous a transmis, lequel tenait de Mu‘awiya ibn Salih, lui-même relatant d’une autre source, que la Torah fut révélée à Moïse après que six nuits se furent écoulées du mois de Ramadan. Les Psaumes (Zabour) furent révélés à David après douze nuits passées de Ramadan, quatre cent quatre-vingt-deux ans après la Torah. Quant à l’Évangile (Injîl), il fut révélé à Jésus, fils de Marie, lorsque dix-huit nuits de Ramadan s’étaient écoulées, mille cinquante ans après les Psaumes. Le « Furqân » (Coran) fut descendu sur Muhammad — que la prière et le salut soient sur lui — dans la nuit du vingt-quatrième de Ramadan. »
Nous avons évoqué cela dans le « Tafsîr » (3), au verset : « Le mois de Ramadan au cours duquel le Coran a été descendu » (Sourate al-Baqara, v. 185). On y trouve des hadiths indiquant notamment que l’Évangile fut révélé à Jésus, fils de Marie — sur lui la paix — au sortir de la dix-huitième nuit de Ramadan.
Ibn Jarîr rapporte dans son « Târîkh » (4) que la révélation parvint à Jésus alors qu’il avait trente ans, et qu’il resta ensuite parmi les hommes jusqu’à ce qu’il fût élevé au ciel à l’âge de trente-trois ans, comme on l’exposera ultérieurement, si Dieu le veut.
Ishaq ibn Bichr a dit : « Sa‘îd ibn Abî ‘Arubah, d’après Qatâda, et Maqâtîl d’après Qatâda, d’après ‘Abd ar-Rahmân ibn Âdam, d’après Abou Hurayra, ont rapporté que Dieu — Exalté soit-Il — adressa une révélation à Jésus, fils de Marie, en ces termes : “Ô Jésus ! Efforce-toi pour Ma cause et ne faiblis pas. Écoute et obéis. Ô fils de la pure Vierge immaculée, tu es né sans père, et Je t’ai créé comme un signe pour l’univers. Adore-Moi et place ta confiance en Moi. Tiens-toi fermement à l’Écriture. Explique-la aux gens de langue syriaque (5). Annonce à ceux qui sont devant toi que Je suis la Vérité (6), le Vivant, l’Immuable, qui ne disparaît point. Croyez au Prophète illettré, l’Arabe, celui qui est accompagné d’un chameau et qui porte un ‘tadj’ — c’est-à-dire le turban (7) —, la tunique (8), les sandales et le bâton (hiraawa). Il a les yeux grands ouverts (9), le front dégagé (10), les joues claires, les cheveux légèrement frisés, la barbe fournie, les sourcils joints, le nez aquilin (11), et les dents espacées.” »