Parmi ceux qui sont décédés cette année parmi les notables, il y eut le cheikh ‘Imâd ad-Dîn ‘Abd Allâh ibn al-Hasan ibn an-Nahhâs(1). Il abandonna les affaires du monde(2) pour se consacrer à l’ascèse, à la récitation, à l’adoration, au jeûne continu et à la retraite dans sa mosquée(3) au pied du mont Qâsiyoun pendant près de trente ans. Il fut l’un des meilleurs hommes de son temps. À sa mort, il fut enterré près de sa mosquée, dans un cimetière célèbre qui porte son nom, ainsi qu’un hammam qui lui est attribué à l’entrée(4) d’as-Sâlihiya. Le “Sebt”(5) a fait son éloge et a également mentionné la date de son décès comme je l’ai rapporté(6).
Le “Sebt” mourut lui-même à la fin de cette même année : il s’agit du cheikh Shams ad-Dîn, Sabt Ibn al-Jawzî(7), Yûsuf ibn l’émir Husâm ad-Dîn Quz’awghlî ibn ‘Abd Allâh, affranchi du vizir ‘Awn ad-Dîn Yahyâ ibn Hubayra al-Hanbalî – qu’Allah lui fasse miséricorde –, connu sous le nom de cheikh Shams ad-Dîn Abû al-Muzaffar, le Hanafite de Bagdad, puis demeurant à Damas, Sabt Ibn al-Jawzî. Sa mère était Râbi‘a, fille du cheikh Jamâl ad-Dîn Abû al-Faraj Ibn al-Jawzî, le grand prédicateur. Il était beau de visage, avait une voix agréable, excellait dans l’art de la prédication et possédait de nombreuses qualités ainsi que diverses œuvres. Il est l’auteur de « Mir’ât az-Zamân » en vingt volumes, l’une des plus belles histoires, où il a incorporé le « Al-Muntazam » de son grand-père, l’a augmenté et prolongé jusqu’à son époque. C’est l’un des ouvrages historiques les plus remarquables et les mieux structurés. Il arriva à Damas aux environs de l’an 600 (de l’Hégire) et obtint les faveurs des souverains ayyoubides qui l’honorèrent et lui témoignèrent une grande bienveillance. Il tenait un cercle de prédication chaque samedi matin près de la colonne où se réunissent encore aujourd’hui les prêcheurs, à la porte du sanctuaire de ‘Alî ibn al-Husayn Zayn al-‘Âbidîn. Les gens passaient alors la nuit du vendredi au samedi dans la mosquée, délaissant même leurs vergers