Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et que la paix soit sur vous. Les gens s’empressèrent de désigner un lieu (1) pour la prière, et ce violent incendie, ainsi que la destruction de la mosquée, furent considérés comme faisant partie des signes. On eût dit qu’ils annonçaient ce qui allait se produire l’année suivante, à propos de quoi nous reviendrons. Telles sont les paroles du cheikh Shihāb ad-Dīn Abū Shāma (3).

Abū Shāma composa également des vers au sujet des événements de cette année-là et de ce qui s’ensuivit, dans le mètre appelé « al-khafīf » (4) :

« Après six-cents-cinquante… plus quatre, il advint dans l’année :
L’incendie du pays du Hijāz et celui de la mosquée, accompagné de l’inondation (6) de Dār as-Salām.
Puis les Tatars (7) s’emparèrent de Bagdad au début… de l’année, et encore à l’année qui suivit (8).
Les habitants n’obtinrent aucun secours (9), car les mécréants trouvèrent… des alliés contre eux. Hélas pour l’islam !
La dynastie califale prit fin ; al-Mustaʿṣim resta privé de tout soutien.
Ô miséricorde pour le Hijāz et pour l’Égypte, et paix sur le pays du Shām !
Seigneur, protège, préserve et accorde la santé au reste… des cités, ô Toi, le Majestueux et le Généreux (10). »

Cette même année, la construction [‘imāra] de la madrasa an-Nāṣiriyya al-Juwāniyya (11), située à l’intérieur de Bāb al-Farādīs, fut achevée. Son fondateur, le roi an-Nāṣir Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf, fils du roi al-ʿAzīz Muḥammad, fils du roi aẓ-Ẓāhir Ghiyāth ad-Dīn Ghāzī, fils du roi an-Nāṣir Ṣalāḥ ad-Dīn Yūsuf ibn Ayyūb ibn Shādhī, conquérant de Jérusalem, assista au cours inaugural. Le cadi de la ville, Ibn Sanī ad-Dawla (12), y dispensa l’enseignement, en présence des émirs, du pouvoir en place, des savants et de la plupart des notables et dignitaires de Damas.

La même année, il ordonna la construction du ribāṭ an-Nāṣirī au pied du mont Qāsiyūn.

(1) En marge des « Roudatayn » : ils ont isolé des lieux pour la prière et les ont comptés. (2) Le terme n'est pas présent en marge des « Roudatayn ». (3) Les deux termes ne figurent pas chez Abou Châma dans l'édition A. (4) Les vers se trouvent en marge des « Roudatayn » (194) et en marge de la « Miroir du temps » de Lyounini (1/10). (5) Édition : et les cinquante. (6) En marge des « Roudatayn » : noyé. (7) En marge des « Roudatayn » : les Tatars. (8) En marge des « Roudatayn » : l'année, et en marge de Lyounini : dans une année. (9) En marge des « Roudatayn » : il n'a pas suffi. (10) Ce vers est venu dans l'édition après celui qui le suit. (11) Badran a dit : Il est désormais devenu un lieu d’habitation et il ne reste de ses vestiges que son mur nord. (12) Édition : Ibn Sanāʾ ad-Dawla, et sa biographie sera rapportée dans les décès de l'année 658 de l'Hégire.
والسلام، وأصبح الناس فعَزَلوا موضعًا (١) للصلاة، وعُدَّ ما وقع من تلك النار الخارجة وحريق المسجد من جملة الآيات، وكأنها كانت (٢) منذرة بما يعقبها في السنة الآتية من الكائنات على ما سنذكره. هذا كلام الشيخ شهاب الدين أبي شامة (٣) . وقد قال أبو شامة: في الذي وقع في هذه السنة وما بعدها شعرًا وهو قوله (٤) : [من الخفيف] بعدَ ستٍّ من المئين وخمسيـ … ــين (٥) لدى أربعٍ جرى في العامِ نارُ أرضِ الحجازِ مع حرق المَسْـ … ــجدِ معهُ تغريق (٦) دار السلامِ ثم أخذ التتار (٧) بغدادَ في أو … لِ عامٍ، من بعد ذاكَ وعامِ (٨) لم يُعِنْ (٩) أهلَها وللكفرِ أعوا … نٌ عليهم، يا ضيعةَ الإسلامِ وانقضتْ دولةُ الخلافةِ منها … صارَ مستعصمٌ بغيرِ اعتصامِ فحنانًا على الحِجَازِ ومصرٍ … وَسَلامًا على بلادِ الشآمِ رَبِّ سلِّم وصُنْ وعافِ بقايا الـ … ــمدْنِ، يا ذا الجلالِ والإكرامِ (١٠) وفي هذه السنة كملت [عمارة] المدرسة الناصرية الجوانية (١١) داخل باب الفراديس، وحضر فيها الدرسَ واقفُها الملكُ الناصرُ صلاح الدين يوسف بن الملك العزيز محمد ابن الملك الظاهر غياث الدين غازي ابن الناصر صلاح الدين يوسف بن أيوب بن شاذي فاتح بيت المقدس، ودرَّس فيها قاضي البلد بن سَنِيِّ (١٢) الدولة، وحضر عنده الأمراء. والدولةُ والعلماءُ وجمهورُ أهلِ الحلّ والعقد بدمشق. وفيها: أمر بعمارة الرباط الناصري بسفح قاسيون.
(١) في ذيل الروضتين: فعزلوا مواضع للصلاة وعدوا. (٢) ليست اللفظة في ذيل الروضتين. (٣) ليست لفظتا: أبي شامة في أ. (٤) الأبيات في ذيل الروضتين (١٩٤). وذيل مرآة الزمان لليونيني (١/ ١٠). (٥) ط: والخمسين. (٦) ذيل الروضتين: غريق. (٧) في ذيل الروضتين: التاتار. (٨) في ذيل الروضتين: العام، وفي ذيل اليونيني: بعام. (٩) في ذيل الروضتين: لم يُغْنِ. (١٠) جاء هذا البيت في ط بعد الذي يليه. (١١) قال بدران: قد صارت الآن دورًا للسكنى ولم يبق من آثارها إلا جدارها الشمالي. (١٢) ط: ابن سناء الدولة، وسترد ترجمته في وفيات سنة ٦٥٨ هـ.

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