Ils imploraient le pardon [en suppliant Dieu] jusqu’à ce que la secousse s’apaisât, mais le feu qui était apparu ne s’éteignit pas. Le messager mentionné arriva alors, et voilà déjà quinze jours que ce feu durait, et il continue encore à ce jour.
Ibn al-Sāʿī dit : « J’ai lu, de la main du juge intègre Maḥmūd b. Yūsuf al-Amʿānī, Shaykh du Sanctuaire de la Ville Prophétique (1) – que la meilleure prière et la plus parfaite salutation soient accordées à son illustre habitant –, ces mots : “En vérité, le feu qui s’est manifesté au Ḥijāz est un signe grandiose, un avertissement authentique [rectiligne] (2) qui indique la proximité de l’Heure. Heureux celui qui saisit cette occasion avant la mort (3), et qui se ressaisit en corrigeant sa relation avec Dieu – Exalté soit-Il – avant de quitter ce monde. Ce feu jaillit dans une terre pierreuse, sans arbre ni végétation (4). Il se consume lui-même quand il ne trouve plus rien à ravager, brûle la pierre et la fait fondre jusqu’à ce qu’elle devienne semblable à de l’argile mouillée, puis le vent la frappe et elle redevient (5) comme les scories de fer sortant de la forge. Qu’Allah en fasse un enseignement pour les musulmans et une miséricorde pour l’humanité tout entière, par l’intercession de Muḥammad et de sa famille purifiée (6).” »
Abū Shāma (7) rapporte : « Dans la nuit du vendredi, au premier jour de Ramaḍān de cette année, la mosquée de la Ville du Prophète – que la meilleure prière et la plus parfaite salutation soient sur lui – fut la proie des flammes. L’incendie commença dans l’angle nord-ouest de la mosquée. L’un des préposés y était entré avec une source de feu, laquelle s’accrocha aux portes (8), puis gagna rapidement le plafond avant de se propager à l’ensemble des toitures, se dirigeant vers la qibla. Les gens ne purent rien faire pour l’arrêter, et il ne fallut qu’une heure pour que tous les plafonds de la mosquée fussent incendiés (10). Quelques-unes de ses colonnes s’effondrèrent, et leur plomb fondit (11), tout cela avant même que les gens ne se couchassent. Le toit de la chambre prophétique prit feu également, et ce qui en tomba dans la chambre y demeura. C’est ainsi qu’on le retrouva lorsqu’on entreprit (12) la restauration de son plafond et de celui de la Mosquée Prophétique – que la meilleure prière soit sur son noble occupant. »