Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Et avec la fonction de Muqaddimiyya (1), il fut ensuite nommé Qâḍî al-Qudât (juge suprême) des hanafites. Il était reconnu pour sa conduite exemplaire dans l’exercice de la justice. Il avait douze (2) ans lorsque ce feu survint dans la région du Ḥijāz, et il faisait partie de ceux qui savent rapporter précisément ce qu’ils entendent. On raconte que le bédouin en informa son père durant ces mêmes nuits. Que les prières et la paix de Dieu soient sur Son Prophète, notre seigneur Muḥammad, ainsi que sur sa famille et ses compagnons, et qu’Il leur accorde de multiples bénédictions (3).

Parmi les vers composés par certains poètes au sujet de ce feu survenu au Ḥijāz et du fait que Bagdad [en Irak] fut submergée, on trouve (4) :

[du mètre al-munṣariḥ]
« Gloire à Celui dont la Volonté
Se déploie parmi les créatures avec mesure.
Il noya Bagdad sous les eaux,
Comme Il brûla la terre du Ḥijāz par le feu. »

Abû Shâma déclara qu’il conviendrait plutôt de dire :
« Au cours d’une même année, Il noya l’Irak
Et Il brûla la terre du Ḥijāz par le feu. »

Ibn al-Sâʿî relate, dans son Histoire de l’année 654 de l’Hégire, que le vendredi 18 Rajab de cette même année (5), alors qu’il était assis auprès du vizir, une lettre en provenance de la Cité du Messager (6) — paix et salut de Dieu sur lui — lui parvint. Elle était portée par un émissaire nommé Qaymâz al-ʿAlawî al-Ḥasanî al-Madanî. Le vizir lut la lettre, qui indiquait que la ville du Messager de Dieu — paix et salut de Dieu sur lui — fut secouée le mardi 2 Jumâdâ al-Âkhira, au point que la noble tombe (8) trembla, que l’on entendit des grincements de fer et que les chaînes s’agitèrent. Un feu était alors apparu à quatre parasanges (9) de la ville, projetant des étincelles semblables à des sommets de montagnes, et il persista pendant quinze jours.

L’émissaire raconta : « Je partis alors qu’il ne s’était pas encore éteint, il était toujours dans le même état. » On lui demanda dans quelle direction il projetait ses flammes ; il répondit : « Vers l’est. Je suis passé près de lui, en compagnie d’un convoi yéménite, et nous y avons jeté une palme qui n’a même pas brûlé. En revanche, ce feu calcine et liquéfie la pierre. » Qaymâz montra alors un morceau de roche consumée, léger et noir comme du charbon.

Il rapporta également que, selon le contenu de la lettre écrite de la main du cadi de Médine, lorsque la terre trembla, les habitants entrèrent dans la Mosquée sacrée, découvrirent leurs têtes et implorèrent le pardon de Dieu. Le gouverneur de la ville affranchit tous ses esclaves et mit un terme à toutes ses injustices. Ils ne cessèrent pas

(1) Ṭ : « ومعدمية » ; altération. (2) En al-uṣūl, c’est un dual, ici c’est pour le contexte grammatical. (3) Ṭ : « وصلول ». (4) Les trois vers se trouvent à la fin des deux jardins (p. 193). (5) D’après Ṭ uniquement. (6) B : « Messager de Dieu ». (7) A, B : « lui tendit le manuscrit ». (8) A, B : « improvisa le sermon ». (9) Ṭ : « il lance des écumes comme s’il s’agissait de têtes ».
وبالمقدَّمية (١) ، ثم ولي قضاء القضاة الحنفية، وكان مشكورَ السيرة في الأحكام، وقد كان عمره حين وقعت هذه النار بالحجاز ثنتي (٢) عشرة سنة، ومثله ممن يضبط ما يسمع من الخبر أن الأعرابي أخبر والده في تلك الليالي، فصلوات (٣) الله وسلامه على نبيه سيدنا محمد وآله وصحبه وسلم تسليمًا كثيرًا. ومما نظمه بعض الشعراء في هذه النار الحجازية وغرق بغداد [العراقية] قوله (٤) : [من المنسرح] سُبحانَ مَنْ أصبحتْ مَشيئَتُهُ … جاريةً في الوَرَى بمقدارِ أغرقَ بغدادَ بالمياهِ كما … أحْرقَ أرضَ الحجازِ بالنارِ قال أبو شامة: الصواب أن يُقال: في سنةٍ أغرقَ العراقَ وقَدْ … أحْرَقَ أرضَ الحجازِ بالنارِ وقال ابن الساعي في تاريخ سنة أربع وخمسين وستمئة: في يوم الجمعة ثامن عشر رجب - يعني من هذه السنة - كنت جالسًا (٥) بين يدي الوزير فورد عليه كتابٌ من مدينةِ الرسول (٦) ﷺ صحبةَ قاصدٍ يُعرفُ بقيماز العلوي الحسني المدني، فناوله الكتاب (٧) فقرأه وهو يتضمن أن مدينة رسول الله ﷺ زلزلت يوم الثلاثاء ثاني جمادى الآخرة حتى ارتجّ القبر (٨) الشريف النبوي، وسُمع صرير الحديد، وتحركت السلاسل، وظهرت نارٌ على مسيرة أربع فراسخ من المدينة، وكانت ترمي بشرر كأنه رؤوس (٩) . الجبال، ودامت خمسة عشر يومًا. قال القاصد: وجئت ولم تنقطع بعد، بل كانت على حالها، وسأله إلى أي الجهات ترمي؟ فقال: إلى جهة الشرق، واجتزتُ عليها أنا ونجابة اليمن ورمينا فيها سعفةً فلم تحرقْها، بل كانت تحرق الحجارة وتذيبها. وأخرج قيماز المذكور شيئًا من الصخر المُحترق وهو كالفحم لونًا وخفةً. قال: وذكر في الكتاب وكان بخط قاضي المدينة أنهم لما زُلزل دخلوا الحرم وكشفوا رؤوسهم واستغفروا وأنّ نائب المدينة أعتق جميع مماليكه، وخرج من جميع المظالم، ولم يزالوا
(١) ط: وبالمعدمية؛ تحريف. (٢) في الأصول ثنيًا وما هنا للسياق النحوي. (٣) ط: وصلول. (٤) ثلاثة الأبيات في ذيل الروضتين (١٩٣). (٥) عن ط وحدها. (٦) ب: رسول الله. (٧) أ، ب: فناوله المكتوب. (٨) أ، ب: ارتج المنبر. (٩) ط: ترمي بزبد كأنه رؤوس.

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