Elle a laissé une marque de brûlure sur la pleine lune sous l’effet de son souffle ardent… si bien que la nuit de la pleine lune, après sa lumière, est devenue sombre.
Sa flamme (1) évoque aux sept astres brillants ce que l’eau subit sous la terre. Ses braises (2) ont cerné les constellations, au point qu’elles semblaient presque les atteindre depuis la terre. Que c’est là un signe parmi les miracles du Messager de Dieu, que peuvent saisir les intelligents !
Par Ton Nom suprême et caché, si nos fautes ont grandi et si nos cœurs vivent le mal, alors pardonne, accorde [Ta grâce], comble de faveur, efface, absous, sois généreux, et sois indulgent ; car, par excès d’ignorance (3), nous sommes tous sujets à l’erreur (4). Le châtiment fut levé des gens de Jonas quand ils crurent et la félicité se répandit sur eux. Quant à nous, nous sommes la communauté de ce Choisi — que nous puissions, par lui, espérer Ta miséricorde (5). C’est ce prophète, sans qui nul ne se serait engagé sur le sentier lumineux dans la voie de Dieu. Aie donc pitié et répands Tes bénédictions sur l’Élu, tant que la tourterelle donnera son sermon depuis le haut (6) du minbar de feuillages.
J’ai dit : Le hadith au sujet de ce feu est rapporté dans les Deux Recueils authentiques, selon la chaîne de transmission passant par Az-Zouhrî, d’après Saʿîd ibn al-Musayyib, d’après Abou Hourayra, selon laquelle le Messager de Dieu (que la paix et le salut soient sur lui) a dit : « L’Heure ne surviendra pas avant qu’un feu ne jaillisse du pays du Hedjaz, éclairant les cous des chameaux à Bousra. » Tels sont les termes d’Al-Boukhârî (7).
Or, cet événement advint effectivement en cette année — c’est-à-dire l’an 654 [de l’Hégire] — comme nous l’avons mentionné. Le grand juge Sadr ad-Dîn ʿAlî ibn Abî al-Qâsim at-Tamîmî al-Ḥanafî, magistrat à Damas, m’en a informé lors d’une séance de discussion. Au moment où l’on rappela ce hadith et ce qui était arrivé de ce feu pendant cette même année, il dit : « J’ai entendu un Bédouin raconter à mon père à Bousra, dans ces mêmes nuits, qu’ils voyaient les cous des chameaux à la lueur de ce feu qui était apparu dans le Hedjaz. »
J’ai ajouté : Il (8) naquit en l’an 642 [de l’Hégire], et son père enseignait le madhhab ḥanafite à Bousra (9), de même que son grand-père. Lui-même y enseigna également (10), puis il s’installa à Damas, où il donna des cours à la Sâdiriyya.