Al-Bidayah wa an-NihayahIbn Kathir

Les pierres se mirent à bouger et à avancer avec elle, au point qu’elles faillirent atteindre la région rocheuse de l’Aridh. Puis elles s’immobilisèrent et restèrent ainsi plusieurs jours. Ensuite, le feu reprit (1), projetant des pierres derrière et devant lui, jusqu’à dresser deux monticules, l’un derrière lui et l’autre devant lui. Ce qui continuait à jaillir d’entre ces deux monticules forma une langue (2) pendant quelques jours. Puis, il grandit davantage à présent et sa flamme (3) subsiste jusqu’à présent ; il brûle avec une intensité extrême. Chaque jour, on entend un grondement puissant (4), de la fin de la nuit jusqu’à la matinée. Il comporte des prodiges que je ne pourrais pas te décrire entièrement. Ceci en est déjà un aperçu considérable (5). Quant au soleil et à la lune, ils semblent encore aujourd’hui voilés. Cette lettre a été rédigée alors que le feu sévit depuis un mois, au même endroit, sans qu’il avance ni ne recule. (6)

Certains ont composé à ce sujet quelques vers (7) :

[Du mètre al-Baṣīṭ]

Ô Toi qui soulages les maux, pardonne nos fautes… En vérité, l’adversité nous cerne, Ô Seigneur.
Nous T’exposons des épreuves auxquelles nous ne pouvons porter le fardeau… Et nous en sommes, à bon droit, redevables.
Des séismes (8) devant lesquels les rochers les plus durs fléchissent… Comment même la plus haute montagne (9) résisterait-elle au tremblement ?
Il dura sept jours, faisant trembler (10) la terre jusqu’à ce qu’elle se fende… La vue du soleil en fut comme aveuglée.
Une mer de feu (11) au-dessus de laquelle voguent des « navires »… Ce sont les éminences rocheuses, ancrées dans le sol.
On dirait que les montagnes y flottent… Comme des vagues, à cause de la violence (12) et des tourbillons (13).
Elle projette des étincelles (14) aussi grandes que des palais, lancées à l’aveugle… On dirait une nuée de pluie abondante.
Elle fend (15) les cœurs de pierre quand elle exhale… De terreur, ils tremblent et jettent des lueurs comme des palmes.
De cette fournaise, la fumée s’éleva à tel point… Que le soleil (16) en devint sombre, obscurci par son ombre.

(1) A : il revient et sort du feu. B : il revient, il sort du feu. (2) A, B : une langue. (3) T : ses ossements et leur éclat. Dans le pied de page : ses ossements maintenant et leur éclat. (4) T : dans. (5) T : et peut-être que ce point suffit. (6) Dans le pied de page : jusqu'à. (7) Les vers sont en pied des « Roudtain » (153) et en pied du « Miroir du Temps » d'al-Yunīnī (1/9). (8) T : tremblements de terre. (9) A, B : renforce. (10) B : il soulève. Dans le pied des « Roudtain » : il traduit. (11) Abû Shâmah : il coule. (12) T : « al-Bahj » est une altération. (13) A, B : 'atāʾ, ce vers n’est pas inscrit dans le pied des « Roudtain » ni ce vers ni celui qui le précède dans le pied d’al-Yunīnī. (14) Dans le pied d'Abû Shâmah : on voit pour elle des étincelles, et dans le pied d’al-Yunīnī : nous lançons pour elle des étincelles ; c’est une erreur qu’il faut corriger. (15) Pied des « Roudtain » : il se fend. (16) A, B : qu’elle a plongé.
والحجارة معها تتحرك وتسير حتى كادت تقارب حرة العريض، ثم سكنتْ ووقفتْ أيامًا، ثم عادت النار [تخرج] (١) ترمي بحجارة خلفها وأمامها، حتى بنت لها جبلين خلفها وأمامها وما بقي يخرج منها من بين الجبلين لسان (٢) لها أيامًا، ثم إنها عظمت الآن ولسانها (٣) إلى الآن، وهي تتقد كأعظم ما يكون، ولها كلَّ يومٍ صوتٌ عظيم من (٤) آخر الليل إلى ضحوة، ولها عجائب ما أقدر أن أشرحها لك على الكمال، وإنما هذا منها طرف كبير يكفي (٥) . والشمس والقمر كأنهما منكسفان إلى الآن. وكتب هذا الكتاب ولها شهر وهي في مكانها ما تتقدم ولا تتأخر. وقد (٦) قال فيها بعضهم أبياتًا (٧) : [من البسيط] يا كاشفَ الضُّرِّ صَفْحًا عن جرائمنا … لقدْ أحاطتْ بنا يا ربّ بَأْساءُ نَشْكُو إليكَ خطوبًا لا نطيقُ لها … حملًا ونحنُ بها حقًا أحقّاءُ زلازلًا (٨) تخشع الصمُّ الصلابُ لها … وكيف يقوى (٩) على الزّلزالِ شَمّاءُ أقامَ سَبْعًا يرجّ (١٠) الأرضَ فانصدعتْ … عن منظرٍ منه عينُ الشمسِ عَشْواءُ بحر من النارِ تجري (١١) فوقَهُ سُفُنٌ … من الهضابِ لها في الأرضِ إرْساءُ كأنَّما فَوْقَهُ الأجبالُ طافيةٌ … موجٌ عليه لفرط الهَيْجِ (١٢) وعثاءُ (١٣) تَرْمِي لها شَرَرًا (١٤) كالقَصْرِ طائشةً … كأنها ديمةٌ تَنْصَبُّ هَطْلاءُ تَنْشقُّ (١٥) منها قلوبُ الصَّخْرِ إن زَفَرَتْ … رُعْبًا وترعدُ مثل السَّعْفِ أضْواءُ منها تَكَاثفَ في الجوِّ الدُّخانُ إلى … أن عادتِ (١٦) الشمسُ منهُ وهي دَهْماءُ
(١) أ: عاد ويخرج من النار. ب: عاد يخرج من النار. (٢) أ، ب: لسانًا. (٣) ط: عظمت وسناءها. وفي الذيل: عظمت الآن وسناها. (٤) ط: في. (٥) ط: وإما هذا طرف يكفي. (٦) في الذيل: حتى. (٧) الأبيات في ذيل الروضتين (١٥٣) وذيل مرآة الزمان لليونيني (١/ ٩). (٨) ط: زلازل. (٩) أ، ب: تقوي. (١٠) ب: يرفع. وفي ذيل الروضتين: ترج. (١١) أبو شامة: يجري. (١٢) ط: البهج تحريف. (١٣) أ، ب: عتاء، ولم يرد هذا البيت في ذيل الروضتين ولا هو ولا الذي قبله في ذيل اليونيني. (١٤) في ذيل أبو شامة: يُرى لها شرر، وفي ذيل اليونيني: نرمي لها شرر؛ وهو خطأ لا بد من تصحيحه. (١٥) ذيل الروضتين: ينشق. (١٦) أ، ب: أن غارت.

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