Nous étions perplexes à ce sujet (1) : « De quoi s’agit-il ? » Jusqu’à ce que (2) la nouvelle nous parvienne au sujet de ce feu.
J’ai dit : Abou Châma avait déjà relaté, avant l’arrivée des lettres, l’existence de ce feu. Il déclara (3) : « Et cette année-là, dans la nuit du lundi seizième de Jumâdâ al-Âkhirah, la lune s’éclipsa au début de la nuit, et elle était d’une rougeur intense, puis l’éclipse se dissipa. Le lendemain (4), le soleil s’éclipsa, il se teinta de rouge au moment de son lever et de son coucher, et demeura ainsi plusieurs jours, la couleur en étant altérée et la lumière affaiblie. Dieu, exalté soit-Il, est capable de toute chose (5). »
Puis il ajouta (6) : « Cela confirme l’hypothèse avancée par Ash-Shâfi‘î, à savoir la coïncidence de l’éclipse et de la fête, chose que les gens de grande perspicacité considéraient comme improbable. »
Abou Châma poursuivit (7) : « Et dans une autre lettre, envoyée par l’un des Banou al-Fachânî depuis Médine, il est rapporté : “Nous est parvenue, en Jumâdâ al-Âkhirah, la visite d’un émissaire d’Irak nous informant qu’un immense déluge avait frappé Bagdad, au point que l’eau était entrée depuis les murailles de Bagdad jusqu’à l’intérieur de la cité, en inondant une grande partie. L’eau atteignit la demeure du calife (8) au cœur de la ville ; la maison du vizir s’écroula ainsi que trois cent quatre-vingts autres demeures ; l’entrepôt du calife s’effondra, et une grande partie des réserves d’armes fut détruite. Les habitants furent sur le point de périr, tandis que les navires purent pénétrer jusqu’au centre de la ville (9) et traverser les ruelles de Bagdad (10).” »
Il ajouta : « Quant à nous, il nous est arrivé un fait terrible. Le mercredi trois de Jumâdâ al-Âkhirah, et deux jours avant déjà, les gens entendaient à nouveau un bruit (11) semblable à celui du tonnerre, [heure après heure, alors qu’aucun nuage n’apparaissait pour que l’on dise que la cause en était l’orage, et ce, depuis deux jours jusqu’à la nuit du mercredi. Puis ce grondement se manifesta au point que tout le monde l’entendit, et la terre s’ébranla, nous faisant subir une secousse dont le son ressemblait au grondement du tonnerre]. Tous s’en alarmèrent, se levèrent de leurs couches et se mirent à implorer le pardon de Dieu le Très-Haut. Ils se précipitèrent vers la mosquée pour y prier. Le phénomène (12) continua à faire trembler les gens, heure après heure, jusqu’à l’aube : ce fut le cas durant toute la journée du mercredi, la nuit du jeudi [le jeudi lui-même], la nuit du vendredi et la matinée du vendredi. »