Une braise (1) avançait jusqu’à ce qu’elle ait traversé la vallée, la vallée de la Shathâ (2). Plus aucun torrent ne descendit alors dans cette vallée, car il s’agit d’un champ volcanique (3) d’une hauteur approximative de deux coudées et un tiers (4)(5). Par Dieu (6), ô mon frère, notre existence est aujourd’hui assombrie, et tous les habitants de la Ville se sont repentis : on n’y entend plus ni chant de rabâb, ni tambourin, ni aucune boisson (7). Le feu continua sa coulée (8) jusqu’à bloquer une partie de la route des pèlerins et une partie de la ḥarra des pèlerins, puis une émanation (9) en arriva jusqu’à nous dans la vallée. Nous avons craint (10) qu’elle ne nous atteigne (11), alors les gens se rassemblèrent et se rendirent auprès du Prophète ﷺ, et ils passèrent (12) tous la nuit du vendredi près de lui. Quant à l’émanation dirigée de notre côté, elle fut éteinte par la puissance de Dieu (– glorifié et exalté soit-Il –). Jusqu’à l’heure présente, elle n’a pas diminué (13) : on y voit des pierres aussi imposantes que des chameaux (14), faites de feu, qui produisent un grondement nous empêchant de dormir, de manger et de boire. Je ne puis décrire (15) l’immensité de ce phénomène ni les terreurs qu’il renferme. Les habitants de Yanbuʿ l’ont aperçue, ils ont dépêché leur juge Ibn Asʿad, qui l’a approchée, et au matin (16), il a déclaré ne pouvoir en dépeindre la grandeur. La lettre fut rédigée le cinquième jour de Rajab, alors que la coulée demeurait identique, et les gens en sont toujours effrayés. Depuis son apparition (17), ni le soleil ni la lune (18) ne se lèvent autrement qu’assombris. Nous implorons Dieu pour nous accorder la sécurité.
Abû Shâma (19) a dit : Nous avons perçu (20) à Damas l’effet de l’éclipse dans l’affaiblissement de sa lumière (21) sur les murs, et nous étions