Les lettres furent rédigées le cinquième jour de Rajab, alors que le feu demeurait dans l’état où il était, et elles nous parvinrent le dixième jour de Sha‘bân. Puis il déclara : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux. Au début de Sha‘bân de l’année 654, des missives sont parvenues à la ville de Damas (que Dieu la protège) en provenance de la cité du Messager de Dieu (ﷺ). Elles décrivent un événement considérable qui s’y est produit, corroborant ce que rapportent les deux Sahîh, d’après le hadith d’Abû Hurayra, où le Messager de Dieu (ﷺ) a dit : “L’Heure ne viendra pas avant que ne s’élève un feu du Hijâz, illuminant les cous des chameaux jusqu’à Busrâ.” »
Celui en qui j’ai confiance, et qui en fut témoin [à Médine], m’informa qu’il avait entendu dire qu’à Taymâ’, on recopiait des lettres en tirant profit de la lueur de ce feu. Il raconte : « Nous étions dans nos maisons durant ces nuits, et c’était comme si chaque demeure était éclairée par une lampe. Malgré son ampleur, il ne dégageait pas une forte chaleur, ni de souffle ardent ; il s’agissait plutôt d’un signe parmi les signes de Dieu (– Exalté soit-Il –). » Abû Shâma ajouta : « Voici le contenu des lettres que j’ai pu consulter à ce sujet. »
Dans la nuit du mercredi 3 Jumâdâ al-Âkhira de l’an 654, un grondement retentit à Médine – la Ville Prophétique – suivi d’un tremblement d’une grande violence, qui fit trembler le sol, les murs, les toits, les poutres et les portes, et ce, heure après heure, jusqu’au vendredi 5 du même mois. Puis un feu immense apparût dans la Ḥarra, non loin de Qurayẓa ; nous le voyions depuis l’intérieur de Médine, comme s’il se trouvait tout près de nous. C’était un feu prodigieux, dont la flamme dépassait la hauteur de trois minarets. Des torrents de feu s’écoulèrent jusqu’au wâdî Shaẓâ, en suivant le lit où s’écoule habituellement l’eau, de sorte que le cours y fut prolongé et l’eau cessa d’y couler. Par Dieu, plusieurs d’entre nous sont allés l’observer, et nous vîmes les montagnes déverser de véritables ruisseaux de lave. Cette coulée barra la route des pèlerins irakiens, progressa jusqu’à la Ḥarra, puis s’arrêta, et nous craignîmes qu’elle ne parvînt jusqu’à nous. Elle reprit ensuite sa course vers l’est, d’où émergèrent des plaines et des montagnes de feu consumant la pierre, offrant ainsi un exemple de ce dont Dieu (qu’Il soit exalté) parle dans Son Livre : « Elle lancera des étincelles semblables à des demeures (32), comme si c’étaient des chameaux jaune-roux » (Les Envoyés, 77 : 32-33). La terre fut dévorée par le feu. J’ai rédigé ce témoignage le 5 Rajab 654, alors que les flammes ne cessaient de grandir. Elles revinrent sur al-Ḥarâr, près de Qurayẓa, suivant la route de la caravane irakienne vers la Ḥarra : là-bas aussi, tout était embrasé. Nous la voyions la nuit depuis Médine, à la manière de torches portées par les pèlerins. Quant à la mère de