Ils renoncèrent aux injustices et à la corruption qu’ils pratiquaient (1), et se mirent à accomplir de bonnes œuvres et à faire l’aumône (2).
Cette année-là : le Perse Aqtay (3) arriva de la Haute-Égypte et pilla (4) les biens des musulmans, en captura certains, accompagné d’un groupe de Bahriyya qui semaient la corruption sur terre. Ils se rebellèrent, s’arrogèrent trop de pouvoir et furent tyranniques, sans prêter attention au roi al-Muʿizz Aybak le Turkmène ni à son épouse, Shajar ad-Durr. Al-Muʿizz consulta alors sa femme au sujet de l’éventuel meurtre d’Aqtay ; elle y consentit. Il s’employa donc à l’exécuter et le mit à mort cette même année dans la citadelle al-Manṣūra, en Égypte, et les musulmans furent ainsi dispensés de son mal [Louange et grâce à Dieu].
Cette même année, le cheikh ʿIzz ad-Dīn ibn ʿAbd as-Salām (5) enseigna à l’école de aṣ-Ṣāliḥ Ayyūb, située entre les deux quartiers d’al-Qaṣrayn.
Au cours de cette année également, la fille du « Roi des Rūm » arriva à Damas dans un grand apparat et fut accueillie avec beaucoup de faste pour devenir l’épouse d’an-Nāṣir ibn al-ʿAzīz ibn aẓ-Ẓāhir ibn an-Nāṣir. De grands événements festifs eurent alors lieu à Damas à cette occasion (6).
[Parmi les célèbres disparus de cette même année]
[Al-Khusrawshāhī (7) le théologien] (8) : ʿAbd al-Ḥamīd ibn ʿĪsā, surnommé le cheikh Shams ad-Dīn al-Khusrawshāhī, l’un des illustres théologiens spéculatifs, et qui avait étudié auprès de Fakhr ar-Rāzī en théologie et dans d’autres disciplines. Il vint ensuite en Syrie, s’attacha au roi an-Nāṣir Dāwūd ibn al-Muʿaẓẓam et gagna ses faveurs.
Abū Shāma (9) a dit à son sujet : « C’était un cheikh vénérable (10), éminent, humble, et d’une belle apparence, que Dieu lui fasse miséricorde. »
As-Sibṭ (11) déclara quant à lui : « Il était humble, de grande [valeur] (12), perspicace, et se trouvait toujours du côté du bien. On ne sait pas qu’il ait jamais fait de tort à qui que ce soit, car (13)… »