Entre eux, il libéra un groupe de familles royales issues des territoires égyptiens : parmi ceux-ci se trouvaient les fils du pieux Ismâʿîl, la famille (1) d’al-Achraf et d’autres, parmi les descendants du seigneur de Homs et d’autres encore. Qu’Allah le récompense (2).
Cette même année – selon ce qu’a rapporté Ibn al-Sâʿî –, il y avait à Bagdad un homme portant sur sa tête une céramique (3) de Qâchân. Il glissa, et la céramique se brisa. Alors il se mit à pleurer, et les gens s’attristèrent pour lui, voyant son indigence et son extrême pauvreté, car il ne possédait rien d’autre. L’un des présents lui donna un dînâr. Lorsqu’il le reçut, il le regarda longuement, puis dit : « Par Dieu, je reconnais ce dînâr (4) ; il faisait partie d’un lot de dînârs que j’ai perdus l’an dernier. » Quelques-uns de ceux qui étaient là l’injurièrent, mais l’homme qui venait de lui offrir la pièce lui dit : « (5) Quelle preuve as-tu pour affirmer cela ? » Il répondit : « Le poids de ce dînâr est ainsi, et j’en avais vingt-trois au total. » Ils le pesèrent et constatèrent qu’il correspondait bien à ce qu’il disait. Alors, l’homme sortit vingt-trois dînârs qu’il avait trouvés (6) lorsque le propriétaire les avait perdus, et les lui remit. Tous s’étonnèrent de cette coïncidence (7).
Il poursuivit (8) : « Un fait semblable arriva à un homme à La Mecque. Il enleva ses vêtements pour se purifier avec l’eau de Zamzam, et ôta de son bras un bracelet (dumalj) pesant cinquante (9) mithqâl qu’il déposa avec ses habits. Lorsqu’il eut fini de se laver, il se rhabilla et oublia le bracelet, puis s’en alla. Plus tard, il se rendit à Bagdad et y demeura durant deux années, perdant tout espoir de le retrouver. Il ne lui restait pratiquement plus rien (10). Il acheta alors du verre et des fioles (11) pour les vendre et en tirer quelques bénéfices. Tandis qu’il circulait avec sa marchandise, il glissa (12), et toutes les fioles tombèrent et se brisèrent. Il se mit à pleurer, et tout le monde s’attroupa autour de lui, peiné par son malheur. Au milieu de ses lamentations, il déclara : “Par Dieu, mes frères, j’ai perdu il y a deux ans, près du puits de Zamzam, un bracelet en or (13) pesant cinquante mithqâl ; je ne m’en suis jamais autant affligé que de la casse (14) de ces fioles, car elles représentaient tout ce que je possédais.” L’un des hommes présents lui dit : “Par Dieu, j’ai trouvé ce bracelet.” Il le sortit de… »