Ses hautes montagnes et ses rocs (1). Béni sois-Tu, ô mon Dieu ! Qui donc pourrait, en te décrivant, parvenir à ta description ? Ou qui pourrait, en te qualifiant, atteindre ta qualité ? Tu fais apparaître (2) les nuages, tu libères les captifs et tu rends la justice, et tu es le Meilleur de ceux qui décident. Il n’est de divinité que toi. Gloire à toi ! Tu nous as ordonné de demander pardon pour tout péché. Il n’est de divinité que toi. Gloire à toi ! Tu t’es dissimulé aux gens derrière les cieux. Il n’est de divinité que toi. Gloire à toi ! Seuls les serviteurs clairvoyants te craignent véritablement. Nous attestons que tu n’es pas une divinité que nous aurions inventée, ni un Seigneur dont le souvenir pourrait disparaître, ni que tu eusses des associés qui jugeraient à tes côtés pour que nous les invoquions en te délaissant (3), et nul ne t’a aidé à nous créer au point de nous faire douter de toi. Nous attestons que tu es l’Unique, le Soutien absolu : tu n’as pas engendré et n’as pas été engendré, et nul n’est ton égal (4).
Ishaq ibn Bichr a rapporté, d’après Juwaybir et Muqātîl, eux-mêmes rapportant d’après ad-Dahhāk, d’après Ibn ‘Abbās, que ‘Īsā (Jésus), fils de Maryam (Marie), cessa de parler après avoir, enfant, adressé la parole à son peuple, et ce jusqu’à l’âge auquel parviennent les jeunes garçons. Puis Dieu le fit s’exprimer de nouveau par la sagesse (5) et l’éloquence. Les Juifs se mirent alors à évoquer toutes sortes de propos sur lui et sur sa mère, l’appelant « fils de la débauchée ». C’est à ce sujet que Dieu dit : « …et à cause de leur mécréance et des énormités qu’ils proférèrent contre Marie… » [Les Femmes : 156].
Lorsqu’il atteignit l’âge de sept ans, sa mère l’emmena chez le maître d’école. Mais chaque fois que le maître tentait de lui enseigner quelque chose, ‘Īsā le devançait (6). Le maître voulut alors lui apprendre l’alphabet (Abā Jad). ‘Īsā lui demanda : « Qu’est-ce que Abou Jad ? » Le maître répondit : « Je n’en sais rien. » ‘Īsā répliqua : « Comment peux-tu m’enseigner ce que tu ignores ? » Le maître lui dit : « Alors enseigne-le-moi ! » ‘Īsā lui ordonna donc : « Quitte ta place. » Le maître s’exécuta et ‘Īsā s’assit à sa place, puis déclara : « Interroge-moi. » Le maître demanda : « Qu’est-ce que Abou Jad ? » ‘Īsā expliqua : « Alif : les Bienfaits de Dieu (Alā’u l-Lāh). Bā’ : l’Éclat de Dieu (Bahā’u l-Lāh). Jīm (7) : la Splendeur de Dieu et Sa Beauté (8). » Le maître en fut vivement étonné ; ‘Īsā fut ainsi le premier à commenter Abou Jad (9).
Il est ensuite mentionné que ‘Uthmān interrogea le Messager de Dieu — paix et salut sur lui — à ce sujet, et qu’il lui répondit en détaillant chaque mot dans un long hadith forgé, qu’on ne doit ni interroger ni développer (10).
C’est également ainsi qu’Ibn ‘Adiyy a rapporté un récit transmis par Ismā‘īl ibn ‘Ayyāsh, d’après Ismā‘īl ibn Yaḥyā, d’après Ibn Abī Mulaykah, d’après un narrateur qui le lui confia, d’après Ibn Mas‘ūd, et par Mi‘sar ibn Kidām, d’après ‘Aṭiyyah, d’après Abū Sa‘īd ; il fit remonter le hadith concernant l’entrée