L’esplanade sacrée (al-Masjid al-Aqsa) a pour habitude, devenue proverbiale, que lorsqu’elle est envahie par la mécréance, Dieu lui suscite un défenseur. Ainsi, un défenseur l’a purifiée une première fois et un autre défenseur l’a purifiée une dernière fois.
Lorsque le sultan al-Salih le releva de sa fonction de gouverneur (niyāba), il mena dès lors une vie discrète. Il était très généreux envers les pauvres et les indigents, et il mourut en Égypte.
Au cours de la même année, Shams ad-Dīn Muḥammad ibn Saʿd al-Maqdisī, scribe à la belle calligraphie, décéda également. Il était très cultivé, écouta maintes fois les hadiths, et servit le sultan as-Sāliḥ Ismāʿīl ainsi que an-Nāṣir Dāwūd. Il était pieux, vertueux et poète ; il composa un poème dans lequel il conseillait le sultan as-Sāliḥ Ismāʿīl à propos de ce que le peuple endurait de la part de son vizir, de son juge et d’autres membres de sa suite. Il mourut à Damas et fut inhumé au mont Qāsiyoun.
Parmi les notables qui décédèrent cette même année, on compte également ʿAbd al-ʿAzīz ibn ʿAlī ibn ʿAbd al-Jabbār al-Maghribī, son père. Né à Bagdad, il y étudia les hadiths, se consacra à la recherche du savoir et rédigea un ouvrage en plusieurs volumes, classés selon l’ordre alphabétique, traitant des hadiths. Dans cet ouvrage, il exposa de manière détaillée la doctrine de l’imam Mālik (qu’Allāh lui fasse miséricorde).
Quant à l’érudit Abū ʿAbd Allāh Muḥammad ibn Ghānim ibn [ʿAbd al-]Karīm al-Iṣbahānī, il arriva à Bagdad alors qu’il était encore un jeune homme éminent