Dans cette même année, un incendie se déclara à Alep, brûlant six cents maisons. On raconte que les Francs – qu’Allah les maudisse – y mirent le feu (1) volontairement.
Au cours de cette même année, le juge suprême ‘Umar ibn ‘Alī an-Nahraqullī releva l’affaire de la madrasa Tâjiyya (2), dont s’était emparé un groupe du peuple (3). Ils en avaient fait comme un caravansérail où ils commerçaient (4) durant une longue période. C’est une école de bonne qualité, agréable, très proche par sa forme (5) de la Nizâmiyya. Celui qui la fit construire se nommait Tâj ad-Dîn (6), ministre de Malik-Shâh le Seldjoukide. Le premier à y enseigner fut le shaykh Abû Bakr ash-Shâshî (7).
Cette année-là également survint le décès de Jamâl ad-Dîn ibn Matrûh (8). C’était un homme éminent, influent, avisé et poète, parmi les plus grands (9) notables en turban. Plus tard, le roi (10) as-Sâlih Ayyûb le désigna pour le représenter un temps à Damas, si bien qu’il (11) se mit à porter l’habit militaire. As-Sibt (12) dit alors : « Cela ne lui convenait pas. » Parmi ses poèmes figure celui qu’il composa à l’adresse d’an-Nâsir Dâwud, seigneur de Kerak, lorsqu’il reprit Jérusalem aux Francs après qu’on la leur eut livrée en l’an 636 sous le règne des Kâmiliyya. Et ce poète n’est autre que (13) Ibn Matrûh (14) – qu’Allah lui fasse miséricorde – dans son poème de la métrique as-sarî‘.