Issu d’une famille érudite et de magistrats, il enseigna au sanctuaire d’Abû Ḥanîfa et suppléa le Qâḍî al-Quḍât (juge suprême) Ibn Faḍlân de rite shaféite, puis le Qâḍî al-Quḍât Abû Ṣâliḥ Naṣr ibn ʿAbd al-Razzâq (1) de rite hanbalite, puis encore le Qâḍî al-Quḍât (2) ʿAbd al-Raḥmân ibn Muqbil al-Wâsiṭî (3). Après la mort de ce dernier, survenue en l’an trente-trois, le juge ʿAbd al-Raḥmân al-Lamghânî [mentionné] (4) assuma la fonction de magistrat à Bagdad. On lui conféra le titre d’Aqḍâ al-Quḍât (« le plus éminent des juges ») [sans toutefois lui accorder le titre de Qâḍî al-Quḍât] (5). En l’an trente-cinq, il assura l’enseignement du madhhab ḥanafite à l’école al-Mustanṣiriyya. Sa conduite fut appréciée dans ses jugements, ses annullements et ses confirmations. À sa mort, la charge de Qâḍî al-Quḍât à Bagdad fut confiée au shaykh de la Niẓâmiyya, Sirâj al-Dîn an-Nahrqullî (6) – que Dieu Très-Haut leur fasse miséricorde et qu’Il leur pardonne par Sa faveur et Sa munificence, Âmîn (7).
Puis débuta l’an (8) 650 de l’Hégire. Au cours de cette année, les Tatars parvinrent jusqu’à al-Jazîra, Sarûj, Raʾs al-ʿAyn et les territoires alentour. Ils massacrèrent les populations, réduisirent des gens en esclavage, pillèrent et dévastèrent. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous faisons retour. Ils attaquèrent des marchands (9) qui voyageaient entre Ḥarrân et Raʾs al-ʿAyn, leur confisquant six cents chargements de sucre (10) et d’autres denrées en provenance d’Égypte, ainsi que six cent mille dinars. Le nombre de ceux qui périrent cette année parmi les habitants d’al-Jazîra s’éleva à environ dix mille tués. Ils capturèrent un nombre similaire d’enfants et de femmes. Nous appartenons à Dieu et c’est à Lui que nous faisons retour.
As-Sibt (11) rapporta : « Cette même année, les habitants de Bagdad accomplirent le pèlerinage, alors qu’ils ne l’avaient pas fait depuis dix ans, depuis l’époque d’al-Mustanṣir. »