Au cours de cette année, la prière de la fête (ʿĪd al-Fiṭr) fut accomplie après la prière de l’après-midi (al-ʿaṣr), ce qui constitue un fait inhabituel.
Cette même année, une lettre parvint au calife de la part du souverain du Yémen (1), Ṣalāḥ al-Dīn Yūsuf (2) ibn ʿUmar ibn Rasūl. Dans cette lettre, il l’informait qu’un homme s’était levé au Yémen en revendiquant le califat. Le souverain lui envoya (3) une armée qui le vainquit, tua une foule de ses partisans et s’empara de Ṣanʿāʾ. Quant à cet homme, il prit la fuite, accompagné d’un petit groupe des siens.
Au cours de la même année, le calife envoya au souverain du Yémen les robes d’honneur (khilʿa) et l’acte officiel d’investiture (taqlīd).
Par ailleurs, cette année-là, Bahāʾ al-Dīn (4) ʿAlī ibn Hibat Allāh ibn Salāma [ibn] al-Jummayzī (5), prédicateur du Caire, décéda. Dans sa jeunesse, il se rendit en Irak, où il étudia auprès de [Shuhda] (7) et d’autres savants. C’était un homme éminent, qui avait parfaitement maîtrisé la doctrine shaféite – qu’Allah lui fasse miséricorde –, et il se distinguait par sa piété, ses bonnes mœurs, sa grande tolérance et son abondante charité. On rapporte en effet qu’il n’accueillait jamais personne sans lui offrir de quoi manger. Il recueillit un grand nombre de traditions auprès d’al-Silafī et d’autres, puis en transmit à son tour beaucoup à ceux qui venaient l’écouter. Il mourut durant le mois de Dhū al-Ḥijja de cette année, alors qu’il était âgé de quatre-vingt-dix ans, et fut enterré dans le cimetière d’al-Qarāfa, qu’Allah lui fasse miséricorde.
Parmi ceux qui s’éteignirent aussi cette année (9) figure le plus haut juge (aqḍā al-quḍāt) (10) Abū al-Faḍl ʿAbd al-Raḥmān ibn ʿAbd al-Salām (11) ibn Ismāʿīl ibn ʿAbd al-Raḥmān ibn Ibrāhīm al-Lamghānī (12) al-Ḥanafī.