Al-Sibt (1) l’a rapporté. Il avait proclamé à Damas : « Que quiconque a auprès de nous quelque droit se présente. » Une foule nombreuse se réunit alors dans la citadelle et reçut ses biens.
Le dixième jour de Ṣafar, l’émir Jamāl al-Dīn ibn Yaghmūr, gouverneur de Damas mandaté par al-Ṣāliḥ Ayyūb, fit son entrée en ville. Il s’installa dans le quartier de Darb al-Shaʿārīn, à l’intérieur de Bāb al-Jābiya.
Au mois de Jumādā al-Ākhira, le gouverneur ordonna la démolition des boutiques récemment édifiées au centre de Bāb al-Barīd. Il décréta qu’il ne devait y rester aucune échoppe, hormis celles qui se trouvaient de part et d’autre auprès des tailleurs du sud et du Sham (2), tandis que ce qui se trouvait au milieu devait être détruit (3). Abū Shāma (4) rapporta à ce sujet : « Al-ʿĀdil avait déjà fait démolir ces installations, puis elles furent rebâties avant d’être de nouveau rasées par Ibn Yaghmūr. Nous espérons qu’elles resteront désormais dans cet état. »
Et cette même année, al-Nāṣir Dāwūd quitta al-Karak pour Alep. Al-Ṣāliḥ Ayyūb envoya alors l’ordre à son gouverneur à Damas, Jamāl al-Dīn ibn Yaghmūr, de démolir la Dār Usāma, attribuée à al-Nāṣir à Damas, ainsi que le verger qui se trouvait à al-Qābūn – le « verger du palais » –, d’en arracher les arbres et de détruire le palais. Al-Ṣāliḥ (5) Ayyūb reçut ensuite al-Karak des mains d’al-Amjad Ḥasan ibn al-Nāṣir, fit sortir de la forteresse les membres de la famille d’al-Muʿaẓẓam et s’empara de tout ce qu’elle contenait : stocks et richesses, dont un million de dinars en or. Il octroya par la suite à al-Amjad un bel iqṭāʿ.
La même année, le niveau de l’eau à Bagdad monta de façon telle qu’il détruisit nombre de quartiers et de demeures réputées. Il fut impossible de célébrer la prière du vendredi dans la plupart des grandes mosquées, à l’exception de trois d’entre elles (6). On transféra les cercueils d’un groupe de califes jusqu’aux tombeaux de la Rusāfa, de peur que leurs quartiers ne soient inondés. Parmi eux figurait al-Muʿtaḍid (7) ibn l’émir Abū Aḥmad [fils de] al-Mutawakkil, et ce fut après son enfouissement durant plus de trois cent cinquante ans. On transféra également la dépouille de son fils al-Muktafī, de même que celle d’al-Muttaqī (9) ibn al-Muqtadir bi-llāh – qu’Allah leur fasse miséricorde.
Cette année-là encore, les Francs lancèrent une attaque sur Damiette. Les troupes et la population qui s’y trouvaient prirent la fuite, laissant la place aux Francs qui s’emparèrent du port et mirent à mort un grand nombre de musulmans. Cela se produisit au mois de Rabīʿ al-Awwal. Le sultan dressa alors son camp en face de l’ennemi avec toutes