Ô toi qui, lorsque les nuages avares retiennent leur eau, de tes mains déverses sur la création une pluie d’or !
Tu as surpassé Kisrâ, ô toi qui rends Hâtim avare, si bien que les fils de l’espérance se sont inclinés devant toi.
Ibn as-Sâ‘î a rapporté pour lui (qu’Allâh lui fasse miséricorde) de nombreux et beaux poèmes.
Le cheikh Abû ‘Amr ibn al-Hâjib (1) est le mâlikite ‘Uthmân ibn ‘Umar ibn Abî Bakr ibn Yûnus ad-Duwaynî (2), devenu ensuite égyptien. Il s’agit du grand savant Abû ‘Amr [ibn al-Hâjib], maître des mâlikites.
Son père était l’ami de l’émir ‘Izz ad-Dîn Mûsk as-Salâhî. Quant à lui, il se consacra aux études : il apprit les diverses lectures (du Coran), et perfectionna la grammaire de manière remarquable. Il étudia également le fiqh, surpassant ainsi les savants de son époque (3). Il devint ensuite une référence dans de nombreuses disciplines, notamment les fondements de la jurisprudence, ses branches pratiques, la langue arabe [et la grammaire], la morphologie, la prosodie, l’exégèse coranique, et bien d’autres (4).
Il s’établit à Damas en l’an 617 de l’Hégire, où il dispensa des cours pour les mâlikites à la Grande Mosquée, jusqu’à ce qu’il parte en compagnie du cheikh ‘Izz ad-Dîn ibn ‘Abd as-Salâm (5) en l’an 638. Tous deux se rendirent alors dans les terres d’Égypte. Le cheikh Abû ‘Amr décéda cette même année à Alexandrie, où il fut enterré dans le cimetière situé entre le phare et la ville.
Le cheikh Shihâb ad-Dîn Abû Shâma (6) a dit à son propos : « Il était l’un des esprits les plus vifs de la communauté (7). Il était digne de confiance, un argument irréfutable, modeste, chaste, très pudique, juste, aimant la science et ceux qui la portent, la diffusant, supportant les épreuves, et patient dans l’adversité. Il vint à plusieurs reprises à Damas, dont la dernière fois en l’an 617. Il y résida pour enseigner le fiqh mâlikite et transmettre son savoir aux étudiants en lectures coraniques et en grammaire (8). Il était l’un des piliers de la religion par son savoir et sa pratique, et il excellait dans les sciences. »