En grand nombre, et il est vrai qu’un groupe de savants de la Loi religieuse avait déjà émis une fatwa ordonnant son exécution à plusieurs reprises, puis Dieu – Exalté soit-Il – en a délivré les gens. Tels sont ses propos, mot pour mot (1).
Le fondateur (2) de l’établissement al-‘Izzīya, l’émir ‘Izz al-Dīn Aybak (3), maître de la demeure d’al-Mu‘aẓẓam, comptait parmi les personnes sages, généreuses et illustres. Al-Mu‘aẓẓam le nomma son représentant à Ṣarḫad (4), où il fit preuve d’initiative, de compétence et de discernement (5). Il consacra (6) deux fondations (awqāf) appelées al-‘Izzīyatayn, l’une intérieure et l’autre extérieure. Lorsque al-Ṣāliḥ Ayyūb lui confisqua Ṣarḫad, il le dédommagea et l’émir s’établit alors à Damas. On l’accusa ensuite (7) de correspondre avec al-Ṣāliḥ Ismā‘īl : il fut placé sous surveillance et l’on saisit ses biens ainsi que ses avoirs. Il tomba alors malade, s’effondra à terre et déclara (8) : « Voilà qui marque la fin de mon existence. » Il ne parla plus jusqu’à sa mort. Il fut inhumé à Bāb al-Naṣr au Caire – que Dieu lui fasse miséricorde – avant d’être transporté dans son tombeau situé au-dessus du quartier des copistes. Le chroniqueur as-Sibt situe son décès en l’an quarante-sept (9). Dieu sait mieux.
Quant à aš-Šihāb Ghāzī ibn al-‘Ādil (10), seigneur de Mayyāfāriqīn, de Khilāṭ et d’autres contrées, il appartenait aux plus sages et aux plus vertueux des Ayyoubides et se distinguait par sa piété. Parmi les vers qu’on rapporte de lui (11) :
[du mètre at-ṭawīl]
« C’est l’une des merveilles du temps que tu sois assis sur la terre, dans ce bas monde, alors que tu es en marche.
Car ta marche, ô toi qui entends, ressemble à celle d’un navire dont les passagers restent assis tandis que les voiles s’envolent. »
[Puis s’ouvrit l’année six et quarante et six cents]
Au cours de celle-ci, le sultan al-Malik (12) aṣ-Ṣāliḥ Najm ad-Dīn Ayyūb quitta l’Égypte pour Damas et y mobilisa les armées.