Il était originaire du village de Busr (1), à l’est de Zurʿ. Il vécut un certain temps à Damas où il exerçait le métier de fabricant de soie. Puis il abandonna cela et embrassa la voie du « faqîr » (2) sous la direction du cheikh ‘Alî al-Magarbal (3). Il fit construire, pour lui-même, une zâwiya sur le flanc sud. Il accomplit alors des actes qui furent réprouvés par les docteurs de la loi, tels que le cheikh ‘Izz ad-Dîn ibn ‘Abd as-Salâm (4), le cheikh Taqî ad-Dîn ibn as-Salâh (5), le cheikh Abû ‘Amr ibn al-Hâjib, le maître des mâlikites (6), ainsi que d’autres. Lorsque régna la dynastie al-Achrafiyya, il fut emprisonné pendant plusieurs années (7) dans la citadelle de ‘Izzta. Puis le sultan as-Sâlih Ismâ‘îl le libéra à condition qu’il ne s’établisse pas à Damas. Il resta donc dans son village de Busr jusqu’à son décès survenu cette même année.
Le cheikh Shihâb ad-Dîn Abû Shâma rapporte dans « adh-Dhayl » (8) : « Au mois de Ramadân, est également décédé le cheikh ‘Alî, connu sous le nom de al-Harîrî, qui résidait dans sa zâwiya au village de Busr et se rendait fréquemment à Damas. Un groupe de faqîrs le suivit, ceux qu’on appelle les Harîriyya (9), adeptes d’une tenue contraire à la sharî‘a, dont la réalité intérieure est pire encore que l’apparence extérieure — à l’exception de ceux qui sont revenus à Dieu parmi eux. Ce Harîrî se moquait abondamment des prescriptions religieuses et en faisait peu de cas, affichant les signes (10) de la débauche et de la désobéissance. De nombreuses personnes (11) parmi les enfants des notables de Damas (12) se sont corrompues à cause de lui et ont adopté la même apparence que ses disciples. Ils l’imitèrent parce qu’il était débridé (13), que ses assemblées rassemblaient chant permanent, danse, présence de jeunes gens (murdân), et qu’il s’abstenait de condamner (14) qui que ce fût pour ses actes. Il s’est détourné de la prière et dépensait sans compter (15). Il a ainsi égaré (16) beaucoup de gens et en a corrompu un grand nombre. »