Mention de l’origine de Jésus, fils de Marie (que la paix soit sur lui), de son éducation durant son enfance et sa jeunesse, et de la révélation qui lui fut envoyée par Dieu, Exalté soit-Il.
(1) Il a été dit précédemment qu’il naquit à Bethléem (2), près de la Maison sainte. Wahb Ibn Munabbih prétendit qu’il serait né en Égypte et que Marie aurait voyagé avec Joseph, fils de Jacob le charpentier, tandis qu’elle était juchée sur un âne, sans aucune protection entre elle et le bât (3). Cela n’est pas exact. Le hadith (4) déjà mentionné atteste qu’il naquit à Bethléem, comme nous l’avons indiqué, et toute affirmation contraire est invalide.
Wahb Ibn Munabbih rapporta également que, lorsque Jésus naquit, les idoles à l’est comme à l’ouest s’effondrèrent ce jour-là, et que les diables furent déconcertés quant à la cause de ce phénomène, jusqu’à ce que le grand Iblis leur révélât qui était Jésus. Il le trouva alors sur les genoux de sa mère, encerclé par les anges (5). Un astre grandiose apparut dans le ciel, et le roi de Perse s’en inquiéta ; il interrogea les prêtres à ce sujet. Ceux-ci répondirent : « Cela correspond à la naissance d’un être illustre sur terre. » Il dépêcha donc ses émissaires, en leur remettant de l’or, de la myrrhe et de l’encens (6) comme présents pour Jésus.
Lorsqu’ils arrivèrent au Levant, le roi du pays voulut savoir le motif de leur venue. Ils le lui expliquèrent, et il leur demanda à quel moment les faits s’étaient produits, découvrant ainsi qu’il s’agissait de la naissance de Jésus, fils de Marie, à Jérusalem, et que son cas était devenu notoire après qu’il eut parlé dans le berceau. Il leur ordonna donc de se rendre auprès de lui avec leurs présents et envoya quelqu’un capable de l’identifier, dans le but de le tuer à leur retour.
Quand ils parvinrent auprès de Marie et lui remirent les présents, puis repartirent, on l’informa : « Les émissaires du roi de Syrie ne sont venus que pour tuer ton enfant. » Elle emporta donc Jésus et gagna l’Égypte, où elle demeura jusqu’à ce qu’il atteignît douze ans. Durant cette période, des prodiges et des miracles (7) se manifestèrent chez lui dans son enfance.
On rapporte parmi ces prodiges que le notable (ou dāhūqān) qui les hébergea constata qu’une partie de ses biens avait disparu de sa demeure — laquelle n’était habitée que par des pauvres, des personnes faibles et des nécessiteux —, sans en connaître l’auteur. Cela affligea grandement Marie (que la paix soit sur elle) et pesa lourdement sur la population ainsi que sur