Dans cette année, le jurisconsulte et illustre savant Muhammad ibn Mahmoud ibn Abd al-Munʿim al-Marâtibî al-Hanbalî (1) décéda. C’était un homme accompli, versé dans de nombreux domaines. Abu Shâma fit son éloge (2) en disant : « Je l’ai fréquenté jadis et, après lui, Damas n’a plus connu personne de sa trempe chez les hanbalites. » On pria sur lui dans la Grande Mosquée de Damas et il fut inhumé au pied du mont Qâsiyûn – qu’Allah lui fasse miséricorde.
Quant à Diyaʾ (3) ʿAbd al-Rahmân al-Ghumârî (4) al-Mâlikî (5), il obtint les fonctions du shaykh Abû ʿAmr ibn al-Hâjib lorsqu’il quitta Damas en l’an trente-huit. Il siégea à sa place dans son cercle d’enseignement et dispensa ses cours à la Zâwiya des mâlikites. De même, le faqîh Tâj al-Dîn Ismâʿîl ibn Jahbal (6) à Alep, qui était un homme vertueux, pieux et au cœur pur, – qu’Allah lui fasse miséricorde.
[Puis débuta l’an 645 de l’Hégire (soit l’année 1247] :
Cette année-là, le retour du sultan [al-malik] al-Ṣâliḥ Najm al-Dîn Ayyûb ibn al-Kâmil s’effectua depuis la Syrie jusqu’en Égypte. En chemin, il visita Jérusalem et distribua d’importantes sommes d’argent à ses habitants. Il ordonna aussi la restauration de son rempart tel qu’il était à l’époque de son grand-oncle, le roi al-Nâṣir, conquérant de Jérusalem. Ensuite, il mobilisa ses armées pour assiéger les Francs : Tabariyya (Tibériade) fut prise le dixième de Ṣafar, et ʿAsqalân (Ascalon) le fut à la fin de Jumâdâ al-Âkhira.
Au mois de Rajab, le khatîb ʿImâd al-Dîn Dâwud ibn Khatîb Bayt al-Abâr fut démis de ses fonctions de prédicateur à la Grande Mosquée (8) des Omeyyades et se vit retirer la chaire de la Ghazâliyya. C’est le juge ʿImâd al-Dîn ʿAbd al-Karîm ibn al-Ḥarastânî (9), shaykh de la Dâr al-Ḥadîth après Ibn al-Ṣalâḥ, qui reçut alors ce poste.