Elle fut enterrée à Qâsiyûn (1). Son service était assuré par la pieuse et érudite shaykha ‘Amat al-Latîf (2), fille d’al-Nâsih al-Hanbalî, qui était vertueuse et rédigea plusieurs ouvrages (3). C’est elle qui la conseilla d’affecter la madrasa établie au pied de Qâsiyûn aux hanbalites. ‘Amat al-Latîf (4) consacra elle-même une autre madrasa aux hanbalites (5), laquelle se trouve aujourd’hui à l’est du ribât al-Nâsirî. Ensuite, lorsque la khâtûn mourut, la savante fut soumise à des confiscations et emprisonnée pendant un temps, puis on la libéra. Elle épousa al-Ashraf, seigneur de Homs, et partit avec lui à al-Rahba et Tall Bâshir (6). Elle mourut ensuite en l’an cinquante-trois, et l’on découvrit à Damas qu’elle possédait de nombreux trésors et des joyaux précieux (7), d’une valeur approchant six cent mille dirhams, sans compter les biens fonciers et les biens consacrés. Qu’Allah le Très-Haut lui fasse miséricorde.
Mu‘în al-Dîn al-Hasan ibn Shaykh al-Shuyûkh (8), vizir du sâlih Najm al-Dîn Ayyûb, fut envoyé (9) à Damas et l’assiégea avec les Khwârazmiens pour la première fois, jusqu’à ce qu’ils la prennent des mains d’al-sâlih Ismâ‘îl. Il y demeura gouverneur au nom de al-sâlih Ayyûb, puis les Khwârazmiens se liguèrent (10) avec al-sâlih Ismâ‘îl contre lui et ils l’assiégèrent à Damas. Il mourut durant les dix derniers (11) jours de Ramadan cette année-là, à l’âge de cinquante-six ans. La durée de son mandat à Damas fut de quatre mois et demi. On pria sur sa dépouille dans la grande mosquée de Damas, puis il fut enterré à Qâsiyûn, aux côtés de son frère ‘Imâd al-Dîn.
Cette même année, le fondateur de la Qalyijiyya pour les hanafites décéda. Il s’agissait de l’émir Sayf al-Dîn ibn Qilij (12), qui fut inhumé dans son propre tombeau dans la madrasa mentionnée, sa demeure située à Dâr Fulûs. Puisse Allah le Très-Haut l’en récompenser.